Seb et ses galloiseries

22 avril 2018

Jésus en armure : le paladin dans World of Warcraft

Pour les deux personnes que ça intéresse, lorsque je ne travaille pas ou ne sèche pas sur l’écriture de mes livres, je fais du jeu de rôle sur World of Warcraft. Plus spécifiquement, je joue un paladin.

Pour ceux qui ne connaissent pas, un paladin est un combattant qui utilise la Lumière, une énergie positive faite pour soigner ou infliger des dégâts.

Ce petit article que je vous propose n’a pas du tout pour ambition de servir de guide sur la façon de jouer un paladin. Après tout, je n’ai pas la science infuse sur le roleplay. Il s’agit plutôt de ma contribution à ce débat particulièrement houleux parmi la communauté, basée sur mes expériences et mes connaissances.

Je préfère le préciser d’emblée : cet article traitera presque uniquement des paladins du côté de l’Alliance. En effet, je n’ai pas une grande expérience avec les races de la Horde, qui abordent la classe différemment.

1. Le rôle du paladin

Définir le rôle du paladin est difficile, puisque c’est une classe pouvant être incarnée par différentes races, au sein de différentes factions, et donc avec une perception différente.

Mais dans le cas de l’Alliance, le paladin est souvent vu comme le défenseur des faibles et des opprimés, ainsi que l’instrument de la justice de la Lumière. Il est celui auquel on fait appel quand le temps de la négociation est passé.

Lorsque les prêtres échouent à ramener la paix par les paroles et la diplomatie, que l’ennemi en face est trop puissant et trop incontrôlable et que la dernière option est de le détruire, les paladins interviennent.

Les paladins sont deux symboles différents : avoir un paladin en face de vous signifie que la Lumière en a eu ras la casquette et a décidé d’avoir une petite conversation musclée avec vous pour vous apprendre les bonnes manières. Autrement dit, une très bonne raison d’avoir peur.

Pour les alliés, un paladin est une source constante de motivation. Il est celui qui mène les troupes et les soutient, même lorsque les choses semblent désespérées. Une blessure trop grave pour continuer ? Un paladin qui passe, sort de soin, vous êtes reparti. Un coup de mou, une soudaine perte de moral ? Un paladin qui passe, aura, et vous vous sentez prêt à refaire le portrait au Diable en personne. Une charge adverse impossible à arrêter ? Un paladin qui se place en première ligne, bouclier de Lumière, charge arrêtée. Un démon trop puissant déchaînant des tempêtes de feu sur le champ de bataille ? Un paladin qui s’avance, coup de marteau, plus d’ennemi.

Les paladins sont des guides en situation de danger. Une élite religieuse comme militaire, ils inspirent leurs alliés et sont toujours au premier rang pour enfoncer les lignes ennemies, menant leurs troupes à la victoire.

Alors bien sûr, le fait de jouer un paladin ne vous oblige pas à agir comme un chef de guerre qui a tout vu et tout fait, surtout dans un jeu où la moitié des autres personnages, puisqu’ils sont « originaux » et donc durs, malpolis et irrespectueux, vous enverront balader ou vous cracheront aux pieds. Vous pouvez très bien jouer un paladin novice, ou préférant suivre et soutenir au lieu de prendre directement le commandement. Et, au lieu de constamment être en première ligne sur un champ de bataille, vous pouvez très bien vous contenter de monter la garde devant la cathédrale pour arrêter les bagarres d’ivrognes.

Trasah

Et rester immobile en attendant que quelque chose se passe…

Pendant des heures…

Silencieux…

Tout seul…

Hey, chacun sa façon de jouer !

2. Les pouvoirs du paladin

Le point faisant probablement le plus polémique est celui concernant les capacités du paladin.

Ce qui est certain :

-Les paladins tirent leurs pouvoirs de leur foi en la Lumière. Cela leur confère diverses capacités pouvant être appliquées au soin, à la protection ou à l’offensive.

-Les paladins sont aussi des combattants au corps-à-corps, employant diverses armes allant du très gros marteau à l’épée et au bouclier, et vêtus d’armures qui, si elles existaient réellement, rendraient tout déplacement impossible.

Ce qui doit expliquer pourquoi les personnages du film « Warcraft » se trimballent des déguisements en plastique ridicules.

Ce qui est moins certain :

-Quelles sont les limites du pouvoir accordé par la Lumière ?

-A quel point les paladins sont-ils doués au combat ?

Dans les faits, le paladin est un mélange entre le guerrier et le prêtre : un combattant armé de pouvoirs divins et de très grosses armes, protégé par une très grosse armure, elle-même renforcée par la Lumière s’il vous plaît. Il peut se soigner, se protéger des dégâts, augmenter ses capacités physiques et martiales et diminuer celles de l’adversaire, et si un marteau de deux tonnes ne suffit pas, une lame de Lumière brute fera l’affaire. En résumé, le paladin moyen est supposément capable de mettre une toute belle raclée au guerrier moyen.

Sauf que nous sommes dans World of Warcraft, univers particulièrement permissif s’il en est, qui plus est dans un jeu de rôle, où rien ne vous oblige à jouer un « guerrier moyen » et où vous pouvez, si vous le voulez, aller chercher une armure en Argunite impénétrable, une épée lançant des éclairs et un bouclier projetant de l’acide, et aller démolir le premier paladin qui passe.

Et de même, en tant que paladin, rien ne vous oblige à jouer un demi-dieu qu’il sera impossible de tuer, ou un débutant uniquement capable de servir de lampadaire quand il fait noir. Tout est une question de cohérence par rapport au lore, et de fair-play. Si par exemple vous incarnez un personnage imbattable dont l’armure pourrait contrer le souffle d’un dragon, peu nombreux sont ceux qui voudront jouer longtemps avec vous.

Ainsi, peu de choses sont réellement établies sur les capacités et les limites qu’un paladin devrait avoir. On s‘accorde à dire, pour des raisons évidentes, qu’un paladin manie la Lumière moins « finement » qu’un prêtre, mais à part cela, rien n’est fixé.

Il y en a qui disent que le paladin, en tant que classe « hybride » n’est logiquement pas aussi doué qu’un guerrier quand il s’agit de combat au corps-à-corps. Et il y en a qui disent que le paladin est une élite militaire, qui a reçu un entraînement intensif, et que même sans la Lumière, très peu de combattants au corps-à-corps ont une véritable chance contre lui.

Quelle est la bonne réponse ? Il n’y en a pas.

Si vous avez décidé que votre paladin ne s’était pas réellement spécialisé, vous pouvez lui donner des compétences moyennes dans la Lumière et au corps-à-corps, et lui faire trouver sa force dans la combinaison des deux. Si vous avez décidé qu’il se spécialisait dans les armes aux dépens de sa manipulation de la Lumière, il peut devenir un combattant de premier ordre et un soigneur au mieux correct.

3. Le caractère du paladin

Difficile à déterminer, puisqu’en effet, il existe autant de caractères que de paladins incarnés par les joueurs. Cependant, il existe un élément auquel on ne saurait déroger, à savoir :

Le paladin agit toujours pour ce qu’il pense être la bonne cause. Ses actions sont effectuées dans le but de répandre le Bien. Si jamais le paladin doute de la moralité de ses actions, son lien avec la Lumière peut s’effriter, voire complètement se briser.

Mais s’il y a un large panel de personnalités que vous pouvez donner à vos personnages, il y a aussi des stéréotypes à éviter.

Une erreur qui a été faite plus d’une fois, y compris par moi à mes débuts, est de considérer les paladins comme des espèces de Jedi devant rester calmes et sereins en toutes circonstances et maîtriser leurs émotions de façon à incarner des exemples de vertu. La même erreur est commise par ceux qui les voient monter la garde devant la cathédrale, en silence…

Seuls…

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... Déprimant.

Ces autres joueurs ont parfois tendance à voir les paladins comme des espèces de hippies pacifistes et fragiles, détestant la violence, reclus dans leur cathédrale et vivant loin des réalités du monde en se pavanant dans leurs armures rutilantes, tout en étant prêts à se faire dessus à la vue de la moindre goutte de sang.

Certes, les paladins aiment la paix. Certes, la violence n’est pas leur premier recours. Mais les paladins sont, de base, des personnages animés par la fureur du juste.

Du juste, certes, mais la fureur tout de même.

Comme évoqué plus tôt, les paladins sont les instruments de la justice, le châtiment infligé envers ceux qui commettent le mal. Sans tomber dans un état de berserker semblable à ce que peut devenir un guerrier, qui taperait sur les alliés comme les ennemis, commettre un acte monstrueux face à un paladin est une très grave erreur.

Evidemment, le paladin ne va pas aller écraser le crâne d’un voleur de pain. Mais son devoir est de protéger le monde et de punir les individus malfaisants. Lorsqu’un être sème le chaos et met en danger des innocents, le paladin ne va pas s’embarrasser de morale, de douceur et de retenue. Il va prendre son marteau, aller à la rencontre de cet ennemi et taper dessus jusqu’à ce qu’on puisse le boire avec une paille.

Les paladins sont des militaires. Loin de vivre à l’écart des réalités sordides du monde, ils sont souvent en plein milieu. Ils sont habitués à voir le sang, le leur et celui des autres, et ils sont habitués à le faire couler quand il le faut. De même, ils savent que le monde n’est pas tout rose et tout gai, et que certains êtres peuvent être ignobles sans êtres de terribles mages noirs. Un paladin ne sera pas horrifié en se trouvant dans la même pièce qu’un enfant mort. Mais un tueur d’enfants sera probablement horrifié en se trouvant dans la même pièce qu’un paladin. Car il aura peu de chances de sortir de cette pièce.

 

C’est là mon point de vue sur le roleplay paladin du côté de l’Alliance dans World of Warcraft. Si vous voulez vous lancer dans le rp avec cette classe, j’espère avoir pu répondre à certaines de vos interrogations. Et si vous avez déjà de l’expérience, n’hésitez pas à la faire partager et à donner votre propre avis.

Pour compléter le tableau, voici une très bonne vidéo pouvant compléter vos connaissances sur le sujet :

 

En n’oubliant pas que WoW reste un jeu, fait pour se distraire, et que si vous voulez incarner un chevalier Jedi armé d’un sabre laser, rien ne vous en empêche, d’autant plus que Blizzard a pensé à vous.

Source: Externe

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11 avril 2018

Mes comics de super-héros indépendants préférés

Les comics considérés comme les meilleurs de tous les temps, ou du moins les plus connus, sont pour la plupart publiés par Marvel ou DC qui, sans avoir pris le monopole, font aux autres histoires de super-héros plus d’ombre que Coca-Cola n’en fait à Pepsi. Pourtant, regarder ces deux maisons d’édition sans prendre en compte tout ce qui se fait autour, c’est comme regarder la Tour Eiffel sans s’intéresser à Paris.

Il est difficile pour un comics « indépendant » de passer à la postérité. Comment rivaliser avec Spider-Man, Superman, Batman ou Green Lantern, après tout ?

Et pourtant, certains comics n’ont pas à rougir face aux deux géants que sont Marvel et DC. Et pour vous mettre l’eau à la bouche, je vais vous présenter les œuvres « indépendantes » qui figurent parmi mes préférées.

Je précise que je mets le mot « indépendants » entre guillemets puisque je ne compte pas parler que de publications uniques, mais également de comics publiés par des maisons d’édition spécialisées dans les super-héros bien que moins connues que Marvel et DC, comme Image Comics et Valiant Comics.

 

Invincible

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Le créateur de The Walking Dead, Robert Kirkman, a récemment achevé son œuvre créée avec Cory Walker, Invincible. Cette série de 144 numéros publiée par Image Comics suit les aventures de Mark Grayson, fils d’Omni-man, principal super-héros de la Terre, et accessoirement analogue de Superman doté d’une magnifique moustache.

Cette série mélange réalisme dans les situations et les combats (j’ai mentionné dans un précédent article que les personnages n’hésitaient pas à littéralement se sortir les tripes) et humour, en moquant les codes classiques des histoires de super-héros. C’est une agréable lecture, si vous ne craignez pas de finir mal à l’aise en voyant gicler dents et boyaux.

Vous serez prévenus.

Fox-Boy

Fox-Boy

Je vis en Auvergne. Pour moi c’est plateau de Gergovie, tirage de manivelle et chant dans les bois. Il est donc naturel que, malgré mon amour des super-héros, j’aie eu un moment d'hésitation en découvrant qu’il existait une bande-dessinée narrant les aventures d’un super-héros breton.

Dieu que je m’en suis repenti.

La série de Laurent Lefeuvre compte actuellement deux tomes, plus un numéro faisant intervenir le Garde Républicain, notre Captain America à nous. Elle raconte l’histoire de Pol (je ne me ferai jamais à ce nom), un adolescent bourgeois fan de super-héros, qui, par un concours de circonstances, se retrouve transformé en renard-garou, et qui décide d’entamer une carrière de justicier. En plus de ses aventures, il découvrira l’origine de ses pouvoirs.

Cette série a tout pour plaire, entre des personnages attachants et un univers fantastique qui s’étoffe petit à petit, empruntant à la fois au folklore français et à un univers plus typé science-fiction.

Furious

Furious

Furious, de l’auteur Bryan J.L Glass et le dessinateur Victor Santos, nous propose une héroïne vivante et nuancée, qui essaie de balancer ses problèmes de gestion de la colère et le poids de son passé avec son désir de se racheter et de devenir une héroïne à part entière. C’est l’histoire d’une jeune femme qui parvient à trouver un équilibre entre ce qu’elle veut accomplir et ce qui lui est imposé, le tout symbolisé par la dualité entre le nom qu’elle veut se donner (la Vigie) et celui qui lui est attribué (la Furie).

Watchmen

Watchmen

Ce n’est pas tant l’œuvre classique d’Alan Moore et Dave Gibbons en elle-même que j’ai préférée (bien que je l’aie beaucoup aimée) que l’univers qui a été créé. On y mêle héros hauts en couleur, technologies futuristes et super-pouvoirs avec un cadre réel. Ce n’est pas, comme chez Marvel ou DC, un monde de super-héros, mais un monde où l’on trouve des super-héros. Et c’est l’un des seuls comics de super-héros, à mon sens, où il est impossible de définitivement choisir un camp dans le conflit.

Faith

Faith

Je dois le confesser ; ce qui a d’abord piqué ma curiosité quand j’ai vu ce comics, c’est, vous vous en doutez en voyant l’image ci-dessus, le fait que l’héroïne soit vêtue de blanc et de bleu.

Hm ? Que pensiez-vous que j’allais dire ?

Faith Herbert s’est fait connaître dans les pages de Harbringer, un comics publié par Valiant Entertainment. Au vu de sa popularité, elle a reçu sa propre série, écrite par Jody Houser et dessinée par Pere Perez (essayez de le dire dix fois rapidement) et Marguerite Sauvage. Cette héroïne geek, fan de jeux de rôle, combat le crime après être devenue une célébrité, tout en gérant sa vie privée. Rien de particulièrement original, et pourtant, très agréable à lire. L’histoire a beau être légère et amusante par moments, les affrontements sont sérieux, et les enjeux donnent l’impression d’être bien présents, contrairement à ce que fait actuellement Marvel avec ses voyages dans le temps et l’espace et ses personnages/mondes/univers qui meurent et renaissent à volonté.

L’univers partagé des comics Valiant Entertainment s’étoffe depuis un certain temps maintenant, et réussit à être aussi varié et vivant que celui de Marvel. Il offre des personnages attachants qui vont et viennent entre les titres, avec des caractères bien définis. Faith est l’un de ces personnages, et c’est avec plaisir que je continue à suivre ses aventures.

Masqué

Masqué

En plus d’être mon comics « indépendant » préféré, la mini-série Masqué de Serge Lehman et Stéphane Créty doit bien compter parmi mes comics préférés tout court. C’est bien simple, tout est là.

Cette œuvre fait suite à la série La Brigade Chimérique du même auteur, où l’on assistait à la disparition des surhommes européens, supplantés par les américains. Masqué raconte leur retour au travers de Frank Braffort, un vétéran traumatisé par la guerre qui, dans une Paris devenue métropole ultra-futuriste du niveau d’une New York, est choisi par une mystérieuse énergie, le Plasme, pour acquérir des pouvoirs.

Ce récit s'inscrivant dans l'univers de l' "Hypermonde" porte le double héritage des précédentes œuvres de Serge Lehman et de la fiction française fantastique en général, à la fois au sein de l’univers intra-diégétique et en tant qu’œuvre. Ajoutons à cela des personnages développés, une ambiance à la fois très orientée science-fiction et réaliste, et nous avons une œuvre de super-héros qui frise la perfection. Un excellent mélange entre une fiction accaparée par les Etats-Unis et la touche française.

Je ne peux vous recommander qu’une chose : prenez d’assaut les librairies, envahissez les sites  de vente en ligne, et procurez-vous le plus vite possible les quatre tomes de cette série. Avec un peu de chance, cela convaincra l’auteur de finalement l’écrire, ce deuxième cycle.

 

Voilà une liste de mes six comics de super-héros indépendants préférés, que je vous encourage à découvrir, ou redécouvrir. De même, n’hésitez pas à explorer de votre côté. Car n'oubliez pas que si l’univers des super-héros est une immense forêt, les éditions Marvel et DC ne sont que deux très, très gros arbres.

 

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10 février 2018

Hall of Fame

Si vous pénétrez tout juste dans l’univers des comics de super-héros, nul doute que vous avez quelques difficultés à trouver par où commencer. Des comics, il y en a des  milliers, des bons, des moins bons, des longs, des courts, des amusants, des violents, bref, vous pourrez toujours trouver un titre de super-héros qui vous plaira. Et si vous voulez développer votre culture des comics et briller dans les conventions, il vous faut faire la connaissance de quelques figures importantes.

Les « figures importantes » des comics de super-héros sont très nombreuses. Je vais ici parler des créateurs que je considère comme les plus centraux dans l’histoire des super-héros ; ces noms-ci vous serviront de base solide pour étendre vos connaissances de cet univers d’une richesse sans équivalent.

 Jerry Siegel et Joe Shuster

Jerry Joe

Dans tous les domaines il y a des pionniers, ceux par qui tout a commencé. Dans le cas des super-héros, il s’agit de Jerry Siegel et Joe Shuster. Ces deux jeunes auteurs sont responsables, en 1938, de la création d’un personnage tout à fait inédit, aux aventures publiées chez Action Comics. Une cape rouge, un haut bleu, un slip par-dessus le pantalon, des pouvoirs de demi-dieu, le dernier survivant d’une planète éteinte, Superman est né. Et le monde (le mien en tout cas) n’en est devenu que plus brillant.

Dans les années 30, les droits d’auteur ne sont pas exactement ce qu’ils sont à présent. Siegel et Shuster ont rapidement perdu tout droit sur leur bébé, et ont tenté à plusieurs reprises de les récupérer en attaquant DC Comics, sans succès. Actuellement, Superman est le porte-étendard de DC, et ses deux créateurs sont loin d’avoir reçu les fruits de leur labeur. Mais l’univers des comics leur sera à jamais reconnaissant.

Bob Kane et Bill Finger

Bob Bill

Lorsque quelque chose marche à un niveau national, international, voire planétaire, quelle est la réaction logique ? En profiter, bien sûr ! Après le succès de Superman, les super-héros font leur entrée dans le monde, avec en 1939 le second en date, voyant le jour chez Detective Comics et créé par Bob Kane et Bill Finger : voici Batman.

Stan Lee

Stan Lee

Parler de Marvel ou même de super-héros sans penser à Stan Lee, c’est comme parler de Disney sans penser à Walt Disney. Si les super-héros sont ce qu’ils sont actuellement, c’est en grande partie grâce à lui. Avec à ses côtés entre autres Steve Ditko, Jack Kirby et John Romita, Stan « The Man » Lee nous a présenté des personnages humains, faillibles, auxquels on pouvait s’attacher, dont les difficultés concernaient aussi bien leur rôle de super-héros que leur vie quotidienne. Vous les connaissez comme moi mais nommons-en certains malgré tout : Spider-Man, Daredevil, les X-Men, Thor, Iron Man, Hulk, je pourrais écrire trois pages rien qu’avec les noms de ses enfants de papier. Aujourd'hui, Lee est une icône pour les fans de comics, adoré ou détesté, son influence est cependant indéniable. A 95 ans, notre générateur à idées préféré est toujours aussi plein d'énergie, et nous lui souhaitons encore de belles années.

Jack Kirby

Jack Kirby

Puisque nous avons évoqué Jack Kirby, nous pouvons nous arrêter un temps sur ce génie un peu trop méconnu. Jack Kirby a tout fait, entre DC et Marvel. Auteur et dessinateur, ses co-créations incluent Captain America avec Joe Simon, Les Quatre Fantastiques, Hulk et les X-Men avec Stan Lee, et, chez DC Comics, il est à l’origine du « Quatrième Monde » et des Nouveaux Dieux, dont fait partie le bien connu Darkseid. Jack Kirby a connu de nombreuses frustrations, estimant ne pas avoir reçu le traitement qu’il méritait suite à ses très nombreuses contributions. Une partie de la gloire qu'il aurait dû recevoir a peut-être été attribuée à Stan Lee, mais nous n'oublions pas, Jack. Nous n'oublions pas.

Frank Miller 

Frank Miller

Comme l’ont dit de grands philosophes, il est capable du meilleur comme du pire, mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur. Frank Miller est surtout connu pour avoir, d’un côté, fourni deux des meilleurs comics de Batman et révolutionné le personnage, et, d’un autre côté, pour avoir massacré son propre travail.

Parlons brièvement pour commencer de ses contributions chez Marvel. Ne mentons pas, Frank Miller est à l’origine de grands changements, tous positifs, pour les personnages de Wolverine et Daredevil ; nous pourrions même dire qu’il a fait de Wolverine celui qu’on connaît actuellement.

Pour en revenir à Batman, Miller est également celui qui a permis au personnage de devenir celui que nous connaissons et aimons aujourd'hui. Son œuvre The Dark Knight Returns dépeint un Bruce Wayne âgé dans une Gotham City dystopique. Tout est plus sombre, plus violent, en contraste très net avec la légèreté des comics de cette époque. Cette œuvre a donné un nouveau souffle au Chevalier Noir, et cette noirceur est devenue l’atmosphère à part entière de tous les comics de Batman jusqu’à ce jour.

Et c’est là que les choses ont dérapé.

Peut-être parce qu’il n’aime pas travailler avec des matériaux existants, qu’il veut aller toujours plus loin que ce qui est communément accepté comme la norme, il a écrit The Dark Knight Strikes Again et All-Star Batman and Robin the Boy Wonder. Si dans l’œuvre originale Batman était un personnage troublé, sombre, à l’esprit éreinté et peut-être fracturé mais conservant une forme de noblesse, dans ces œuvres-ci, il se transforme en un véritable psychopathe sadique et vulgaire, avec la sensibilité d'une masse d'armes. Et ne mentionnons pas son traitement de Superman, qui va de passable dans The Dark Knight Returns à insultant dans ses autres oeuvres, dans l'idée de confronter un Batman rebelle et dur à la limite de la cruauté mais toujours juste à une icône du conformisme et de la mollesse des puissants.

Alan Moore 

Alan Moore

Aussi appelé Jésus, le Messie, Dieu et Sylvain Durif le Christ Cosmique par de nombreux fans, Alan Moore est vu comme une légende vivante dans le monde des comics. C’est celui qui a apporté la révolution, qui a traité les comics comme un art à part entière, au même niveau que le roman. Il a fourni des œuvres considérées comme parmi les meilleures de l’histoire des comics, quand elles n’ont pas tout simplement changé les comics. Son œuvre Watchmen a, avec The Dark Knight Returns, introduit à l’univers des super-héros une ambiance sombre et réaliste que d’innombrables artistes ont tenté de reproduire, avec plus ou moins de succès. Il y a dans le monde des super-héros un avant Alan Moore et un après Alan Moore. Ses autres œuvres incluent, mais ne se limitent pas, à Miracleman, Whatever happened to the man of tomorrow, Hellblazer, V pour Vendetta et le cultissime The Killing Joke, dont vous avez forcément vu une référence à un moment donné si vous vous êtes un minimum intéressés au Joker.

Grant Morrison

Grant Morrison

Grant Morrison est un auteur très prolifique, ayant notamment travaillé chez DC Comics sur Superman et Batman, dont il a fourni des titres aujourd'hui célèbres, tels que All-Star Superman. Il est également l'auteur du livre Supergods, un essai sur les comics et le mythe des super-héros.

Mark Millar

Mark Millar

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Mark Millar a laissé sa marque sur les comics de super-héros. Ayant travaillé chez Marvel comme chez DC, il a fourni des récits exceptionnels, de Civil War, qui est pour moi le plus grand de tous les arcs de Marvel, à Superman: Red Son, en passant par The Ultimates, une réinvention des Vengeurs dans un contexte plus “moderne”. Comprenez, un Captain America ultra-patriotique, un Hulk cannibale, Ant-Man et la Guêpe menant le concept de violences conjugales à un autre niveau...

Vous l’aurez compris, la marque de fabrique de Mark Millar est une violence très prononcée. Considérez-le comme le George R.R. Martin des super-héros.

Mais cette tendance se retrouve surtout dans ses œuvres personnelles, pour lesquelles il est plus connu. Je pense notamment à Wanted, où les super-héros ont été exterminés par une alliance de super-vilains, ou Kick-Ass, qui raconte l’histoire d’un jeune homme tout à faire ordinaire décidant un jour de devenir un super-héros.

 

Ce ne sont là que des exemples choisis tout à fait subjectivement, mais qui peuvent servir de base si vous cherchez à vous trouver un style pour commencer dans les comics. Différents auteurs, différentes façons d'appréhender les super-héros et les comics en général. Il y en aura probablement parmi eux qui attireront l'attention des jeunes fans. Et si ce n'est pas le cas, dites-vous qu'il y a des centaines d'auteurs qui n'attendent plus que vous.

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07 décembre 2017

Sur un plateau

Quand on écrit des histoires, le plus difficile est de créer. Les personnages, l’univers, la temporalité. Les histoires, quand on a tout ça, viennent bien plus facilement. Demandez à Christie Golden ce qui est le plus pratique entre créer des histoires à partir de rien et écrire des romans sur des univers pré-existants comme Star Wars ou Warcraft, la réponse viendra sûrement rapidement.

Les super-héros ne dérogent pas à la règle. Surtout maintenant, même, à une époque où il y en a partout, de toutes les sortes, de toutes les couleurs, de toutes les tailles… Pour créer un super-héros original, c’est-à-dire qui ne soit pas une parodie, une caricature ou un analogue d’un personnage déjà présent, il faut lui trouver une identité, donc une vie hors du costume ; un ou des pouvoirs, ou des capacités spéciales ; un nom ; une tenue ; et surtout, une origine. Il faut partir de rien, avec pour seul repère notre inspiration.

Pour des auteurs inexpérimentés, mal à l’aise avec l’idée de créer des héros à partir de rien ou préférant se concentrer sur des histoires plutôt que sur la création d’un personnage, il existe une solution toute simple : les personnages libres de droits.

Vous pensez qu’il y a des milliers de super-héros existant à travers le monde ? Il y en a des dizaines de milliers. Ceux dont vous suivez les aventures régulièrement en lisant vos comics préférés publiés par Marvel, DC ou Image Comics (Invincible et Spawn notamment) ne sont que le fragment ayant, grâce à leur popularité, leur ancienneté, leurs histoires de meilleure qualité ou un pur hasard, survécu jusqu’à notre époque sans tomber dans l’oubli.

Pour un super-héros ayant perduré, il y en a une bonne dizaine qui ont complètement disparu des mémoires, et des pages imprimées. Pour beaucoup, leur création remonte à l’Âge d’Or des comics, c’est-à-dire le tout début de l’ère des super-héros. La frénésie entourant Superman, Batman et leurs amis les plus connus a été pour beaucoup de jeunes auteurs l’opportunité de se faire connaître et tenter de gagner leur vie en créant de nouveaux personnages vivant leurs propres aventures.

Pour les maisons d’édition, l’intérêt de ces justiciers costumés pouvait se résumer à un seul mot : ARGENT.

Seulement, n’est pas Bob Kane qui veut. Beaucoup des super-héros créés à cette époque souffraient d’un univers, de pouvoirs ou de propriétés manquant de richesse ou d’originalité, ce qui les empêchait de jouir de la popularité de leurs aînés. Quand ils n’attiraient pas tout simplement l’ire de maisons de publication plus puissantes, comme ce fut le cas pour Captain Marvel, acquis par DC Comics suite à une attaque en justice motivée par sa ressemblance avec Superman. Et, de façon plus générale, les maisons d’édition à cette époque disparaissaient aussi vite qu’elles étaient apparues, et, avant de s’éteindre, n’ont pas pensé à renouveler les droits d’auteurs concernant ces héros et leurs univers respectifs. Il est donc impossible de clamer posséder une propriété intellectuelle. Et dans de nombreux cas, les maisons ayant racheté ces productions ont oublié de racheter les droits de leurs créations.

Quel fut le résultat ? Eh bien, beaucoup de ces personnages, dont les aventures ont pris fin abruptement, quand ils n’ont pas été rachetés par les grands pontes de l’édition de comics, sont tout simplement passés dans le domaine public. Ce qui signifie dans la plupart des cas qu’il n’y a plus de droits de publication qui leur sont attachés et que la propriété intellectuelle ne s’applique plus. Donc, il est possible pour n’importe qui de les utiliser dans des œuvres de fiction personnelles.

Cela offre aux auteurs en devenir toute une flopée de personnages à faire revivre, retravailler, réadapter dans des histoires inédites, que ce soit pour ressusciter un personnage pour qui ils ont eu un coup de cœur ou les inclure dans leurs propres histoires, pourquoi pas les faire interagir avec leurs propres créations.

On en trouve à toutes les sauces, offerts à l’imagination des auteurs qui souhaiteraient s’en servir et se les approprier pour leur donner un nouveau souffle. Les auteurs Jim Krueger et Alex Ross ne s’en sont pas privés, et sont allés piocher dans cet immense répertoire des héros qu’ils ont mis en scène dans le comic Project Superpowers, incluant parmi les personnages principaux Fighting Yankee, Green Lama, Daredevil (Différent de celui que nous connaissons tous) et Black Terror, un héros qui, bien qu’ayant été utilisé sans représailles de la part de la Warner, ses supposés ayant-droits, est considéré comme un personnage à risque.

Les auteurs de Project Superpowers ont même eu la bonne idée, à la suite de leurs histoires, de présenter des dessins montrant des super-héros de l’âge d’or des comics. Des fresques de toute beauté, avec le potentiel d’inspirer plus d’un auteur ou dessinateur.

héros libres de droits

(Osez me dire que votre imagination n'est pas stimulée)

Pour ceux d’entre vous parlant anglais, il existe un Wiki recensant les super-héros appartenant au domaine public, que vous pouvez retrouver à partir de ce lien : http://pdsh.wikia.com/wiki/Public_Domain_Super_Heroes

Depuis mon bureau, qui n’est pas le moins du monde situé dans une chambre mal rangée de jeune adulte français sans emploi, je peux presque vous entendre demander : Pourquoi reprendre des personnages ayant été balayés par des héros plus populaires ? Comment pourrais-je rendre intéressant un personnage qui n’a pas réussi à séduire le public, autrement moins difficile, des années 40 ?

A cette question, je vous répondrai : The Escapists.

Il s’agit d’un comic de Brian Vaughan, qui constitue une sorte de suite au best-seller Les Extraordinaires aventures de Kavalier et Clay, de Michael Chabon.Si le roman en lui-même est un chef-d’œuvre, c’est ici le comic qui nous intéresse, puisqu’il raconte l’histoire d’un jeune auteur fan du super-héros The Escapist créé par Kavalier et Clay, au point d’en racheter les droits pour créer de nouvelles histoires avec ses collègues. Ils gardent l’identité, ils changent les personnages, ils changent le ton… ils font ce qu’ils veulent, uniquement inspirés par leur intérêt pour le personnage.

Comme cela a été fait pour Superman, dont l’histoire a connu d’innombrables variations au fil des années, il est parfaitement possible de modifier un personnage pour l’actualiser, l’accorder avec notre époque et lui faire gagner en profondeur.

Mais il ne faut pas se fourvoyer : les super-héros appartenant au domaine public ne sont pas que des personnages de l’Âge d’Or dont les droits ont échappé à leurs créateurs. Je souhaiterais pour poursuivre vous présenter Vito Delsante.

Vito Delsante

(Avec moi : "Bonjour Vito Delsante")

Vito Delsante est un auteur de comics qui a travaillé pour Marvel et DC, ainsi que sur le comics Scooby Doo. Selon le Wiki des super-héros du domaine public, ce Père Noël de la pop culture a eu l’idée, en 2011, de créer une centaine de personnages, héros comme vilains, qu’il a directement donnés au domaine public. Ce qui offre des dizaines de personnages supplémentaires qu’il est possible d’utiliser sans retenue, avec la seule contrainte qu’il faut citer Vito Delsante comme leur créateur original à chaque utilisation. Certains de ces personnages peuvent être retrouvés sur le Wiki des super-héros du domaine public.

Reprendre des héros déjà existants n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une solution de facilité, un exercice simple pour produire des histoires bon marché. Il peut être plus stimulant pour l’esprit de prendre un personnage incomplet, ancien, laissé pour compte, et de le retravailler pour en faire un protagoniste crédible pour notre époque, intéressant et original. Recréer ses origines, lui inventer des alliés, des méchants, revoir son costume pour les dessinateurs. Tout cela est un travail qui nécessitera beaucoup d’efforts, et pourrait, à terme, permettre à d’ambitieux auteurs de redonner un souffle de vie à des personnages qui auraient eu le potentiel de suivre Wonder Woman, Superman ou Shazam au premier plan de l’univers des comics de super-héros.

 

Voilà pour ce petit article, j’espère qu’il vous aura plu, et, peut-être même, inspirés pour certains d’entre vous. N’hésitez pas à le partager pour que vos connaissances fans de super-héros et auteurs/dessinateurs en devenir puissent, peut-être, venir piocher des informations intéressantes. Et en guise de conclusion, je laisse ici des images de quelques-uns de mes favoris parmi les super-héros de l’Âge d’Or des comics :

Radior

Radior

American Crusader

American Crusader

American Eagle

American Eagle

Airman

Airman

Raven

Raven

Pyroman

Pyroman

 

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15 novembre 2017

Justice League

Bonsoir,

Bien que je tente de réprimer ce côté putaclic qui compte sur les sorties récentes pour créer des articles rapides, je ne peux résister à l’envie de partager avec vous un rapide résumé de mes impressions sur Justice League, le dernier film en date du DC Extended Universe, que j’ai vu aujourd’hui même.

Commençons donc sans plus attendre :

Le scénario :

-Poreux à certains endroits, c’est rien de le dire. Certains éléments interviennent en étant peu ou pas expliqués. Il y a de même des moments présents dans les bandes-annonces qui ont disparu comme par magie et qui auraient pu aider à ne pas se dire « Hey, mais d’où ça sort, ça ? ». Réservés à une Ultimate Edition peut-être ?

-Certains éléments, au contraire, sortent de nulle part et sont amenés assez grossièrement pour développer à moindres frais les nombreux personnages encore inexplorés. Peut-être que des films individuels auraient été utiles pour pouvoir s’épargner ça…

-Assez classique dans l’ensemble. Si vous avez vu Avengers, Avengers : Age of Ultron ou Suicide Squad, les grandes lignes vous rappelleront peut-être quelque chose. On sent clairement à quel moment Zack Snyder a passé la main à Joss Whedon, qui n'a pas pu s'empêcher de faire du Joss Whedon en espérant que ça ne se verrait pas.

-Léger et édulcoré. Vous voulez du sous-texte social, politique, religieux, des enjeux lourds, un fil rouge implicite ? Tant pis pour vous, fallait pas demander plus de légèreté et un univers moins sombre en regardant Batman V Superman !

-Des simplicités permettant au film d’avancer, dont une digression particulièrement grossière par rapport à l’intrigue, qui aide les héros tout en aidant les méchants, mais c’est pas grave parce que ça aide encore plus les héros au final. Le vieux coup du « Fallait pas que ça arrive, mais maintenant que c’est arrivé c’est tant mieux parce que ça nous donne un moyen tout trouvé de gagner ».

-On retombe dans le défaut de la version cinéma de BvS, à savoir enchaîner des intrigues autour de personnages qui n’ont rien à voir et nous les livrer petit bout par petit bout, nous coupant dans l’immersion. L’avantage, c’est que contrairement à BvS, la réunion de ce beau petit monde a lieu bien plus tôt.

-Pourtant, dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien. Les personnages gagnent rapidement une personnalité, on entre dans le vif du sujet, il n’y a que peu de lourdeurs (mais il y en a dont on aurait totalement pu se passer).

-Steppenwolf est inexistant. Il est juste là pour qu’il y ait un méchant, et donc un film. Je ne dis pas qu’il faudrait relativiser sa méchanceté, l’expliquer, ou en faire une figure tragique. Mais pitié, c’était pas trop mal parti avec Zod et Luthor, alors ne mettez pas de côté la personnalité de vos méchants, encore moins leur présence.

-L’un de mes plus gros griefs contre le DCEU jusque-là était le traitement de Superman. Or, ici, Superman est parfait.

-On se concentre un peu trop sur Superman à des moments où on devrait avoir autre chose en tête…

-Des références particulièrement bienvenues à un univers plus large qui se développera encore à l’avenir.

-Deathstroke.

La musique :

-La réutilisation subtile et efficace des anciens thèmes de Batman et Superman est bien vue.

-Dommage que le DCEU ait déjà des thèmes pour Batman et Superman, dont on n’entend pas une note ici.

-On signale la disparition de compositeurs originaux. Si vous en trouvez, avertissez immédiatement la Warner avant qu’on se retrouve avec le même genre de musique quasi-invisible avec très peu de moments distinctifs du MCU.

Les images :

-Zack Snyder a ENFIN appris à mettre des couleurs vives sur des costumes de super-héros.

-Les couleurs, vives sans être criardes, rendent les images particulièrement belles.

-L’action est fluide et lisible.

-La réalisation en général, avec sa recherche esthétique poussée, notamment grâce aux couleurs dont manquaient les premiers films, couplées à des angles et des mouvements de caméra propres au style de Zack Snyder, donne l’impression de regarder un film à part entière, plutôt qu’une retranscription toute bête de ce qui se passe dans l’histoire, comme dans le MCU.

-Est-ce que j’ai parlé des couleurs ? Parce qu’elles sont vraiment magnifiques.

 

Au final : Je pourrais donner l'impression de trouver plus de points négatifs que positifs. Et, en termes de quantité, ce n'est pas tout à fait faux. Pourtant, ça ne m'a pas empêché de trouver un côté jouissif au film.

DC assume complètement la transition qu’on voyait venir depuis Batman V Superman, vers un univers plus léger, plus manichéen, avec des gentils qui sont gentils pour être gentils et des méchants qui sont méchants comme ça, se débarrassant ou atténuant les thèmes qui ajoutaient de la profondeur à BvS.

Heureusement, ladite transition a été aidée par le carnage qu’était Suicide Squad et les quelques maladresses de Wonder Woman, qui ont servi de tests. Ce qui permet à Justice League d’être un film stable, qui sait ce qu’il veut, être un divertissement. Et à ce niveau-là, il fait le café. Les images sont prenantes, le scénario simple, on passe un bon moment sans se prendre la tête. En tout cas, J'AI passé un bon moment sans me prendre la tête.

On accueille donc Justice League comme le début d'un DCEU où l’on troque l'ambition de réaliser des grands films, direction qu’avait prise BvS, contre celle de divertissements épiques et agréables. Ce qui, selon moi, n’est pas si mal au vu du résultat. Il ne vous reste plus qu’à vous faire votre propre avis.

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13 octobre 2017

Tuer ou ne pas tuer

« Si on tue un meurtrier, le nombre de meurtriers sur Terre restera le même.

-Et si on tue deux meurtriers ?

-Euh…

-Et si on tue dix meurtriers ?

-Ben…

-Et si on tue les violeurs, tortionnaires, dictateurs, braconniers…

-OK, OK, t’as gagné ! »

-Batman et un individu doté d’un minimum de sens pratique.

L’un des débats les plus virulents dans le monde des super-héros, à la fois parmi les personnages et parmi les fans, concerne la légitimité pour les héros de prendre une vie de sang-froid. Car pour la plupart des super-héros « classiques », le meurtre est un tabou absolu. Et peu importe qui est le criminel ; un braqueur de banques, un voleur de portefeuilles, un terroriste, un dictateur, un tueur en série, un violeur pédophile, un tyran extraterrestre… qui que ce soit, peu importe ce qu’il a fait, on ne le tue pas.

C’est un débat qui remonte à loin, et qui continue de faire polémique. Les super-héros doivent-ils s’arroger le droit d’éliminer leurs ennemis ? Pour les héros les plus connus, tels que Superman, Batman, Spider-Man ou Flash, la réponse est claire : non, sous aucune circonstance on ne prend une vie, peu importe la vie en question. Pour eux, c’est ce qui fait leur force et les distingue de leurs ennemis, et ils s’efforceront constamment de trouver des alternatives, même si cela implique, comme le font remarquer les détracteurs de cette philosophie, de mettre la vie d’autres personnes en danger en ne neutralisant pas définitivement une menace. Il y a des héros plus ambigus comme Wolverine ou, dans une moindre mesure, Thor et Wonder Woman, qui épargnent s’ils le peuvent, mais qui n’ont pas peur de couper des mauvaises têtes s’il le faut et qui dormiront sur leurs deux oreilles en sachant qu’ils ont pris ce qui leur semblait être la seule décision, ou puni un salaud qui le méritait amplement. Et il y en a, tels que le Punisher, Elektra, Deadpoolou la Veuve Noire qui n’y réfléchissent pas à deux fois : c’est méchant, ça manquera à personne, et une fois mort ça fera plus de mal. Une balle dans la tête, c’est réglé, au suivant.

Ce refus de tuer, si l’on doit être honnête, ne trouve pas tout à fait ses origines dans les motivations des différents héros. Il a une explication commerciale. En effet, dans les premières années, les super-héros n’affrontaient pas des vilains aussi hauts en couleur qu’eux, mais des petits criminels sans importance, sans traits particuliers. Et ceux-là, quand ils mouraient, on ne s’en plaignait pas. Prenez Batman ; à la base, il se préoccupait beaucoup moins que maintenant de son intégrité morale. S’il capturait un criminel vivant, tant mieux. Si le criminel mourait, tant mieux aussi. Et si le Batman actuel a une profonde répugnance pour les armes à feu, semblables à celle qui a abattu ses deux parents, celui de 1939 transportait un pistolet. Oui. Un pistolet.

Batman gun

(Plus rapide que de lui enfoncer un pieu dans le cœur et lui couper la tête. Pas l’temps d’niaiser.)

Sauf qu’un jour, dans les pages de Detective Comics où sévissait notre homme chauve-souris, est apparu un personnage si intéressant, si coloré, si classe que les auteurs se sont dit que, contrairement à tous les gangsters qui s’étaient succédé jusque-là, il ne pouvait pas mourir après sa première apparition. Ce personnage, c’est le Joker, un tueur en série au visage entièrement blanc et arborant un sourire surnaturellement large.

Ce débat est encore d’actualité parmi les fans, parmi les personnages, et même dans l’esprit d’un unique personnage. Car beaucoup d’entre eux sont confrontés à des ennemis si ignobles, si monstrueux, qu’ils sont terriblement tentés de mettre fin une bonne fois pour toutes à leurs atrocités. Ou bien ils subissent eux-mêmes la cruauté de ces individus. On se souvient tous de la mort iconique de Gwen Stacy aux mains du Bouffon Vert, un évènement qui a signé la fin de l’âge d’argent des comics. Car oui, c’est à partir de ce moment que les auteurs se sont dit : « Allez, on se lâche. A partir de maintenant, plus personne n’est en sécurité ». On peut aussi évoquer la mort du second Robin, Jason Todd, face au Joker. Suite à ça, il n’aura fallu rien de moins que l’intervention de Superman pour empêcher Batman d’assassiner le clown démoniaque. Il y a également des personnages tels que Daredevil qui sont constamment sur le fil du rasoir dû à leurs méthodes qui, sans aller jusqu’au meurtre, restent particulièrement violentes. Ceux-ci sont livrés à un véritable conflit avec leurs pulsions les plus brutales.

Il y a tout un raisonnement derrière l’opinion de ceux suivant cette philosophie, et derrière celle de ses détracteurs. Si l’on regarde de près les arguments de chaque camp, on peut en venir à considérer que ceux qui refusent de tuer pensent surtout à un niveau métaphysique, symbolique, tandis que ceux qui le font adoptent un point de vue pratique. Et comme nous sommes curieux, et que c’est le sujet de cet article, nous allons nous intéresser à ces arguments.

1) Tuer c’est mal, le mal c’est mal, ne tuons pas.

Trois arguments sont avancés la plupart du temps par les héros qui refusent de tuer : le très célèbre mais de plus en plus rare « Il n’en vaut pas la peine », l’éternel « On n’est pas au-dessus des lois » et le champion toutes catégories, « Tuer un criminel revient à devenir aussi mauvais que lui ».

Les super-héros sont, pour la plupart, des justiciers. C’est-à-dire, des citoyens qui agissent en-dehors du cadre de la loi, sans s’associer aux forces de l’ordre, à l’armée, bref, aux forces légitimes. Il y a des exceptions, certains héros comme Captain America, War Machine ou Captain Atom travaillant pour l’armée ou des organisations légales comme le SHIELD, ou les super-héros de mangas qui appartiennent en majorité à des institutions reconnues, approuvées par le gouvernement. Mais ceux menant leurs activités indépendamment, comme Daredevil, Spider-Man ou les X-Men, s’arrogent le droit d’utiliser leurs pouvoirs pour intervenir en cas de situation périlleuse, principalement causées par des super-vilains. Rien que cette attitude a pu leur causer des problèmes avec la loi et l’opinion publique, étant donné que les citoyens « normaux » n’ont pas à prendre le pas sur les autorités. Pourtant, on les tolère parce que, il ne faut pas se mentir, quand une armée de gorilles attaque la ville, c’est bien pratique d’avoir un super-héros rapide comme l’éclair pour donner un coup de main. Mais il n’en reste pas moins vrai qu’en agissant ainsi, ils prennent le statut de hors-la-loi. Et tuer de sang-froid un ennemi en ferait, aux yeux de la loi, rien de moins que des criminels. Donc, d’un point de vue purement législatif, si Batman venait à égarer un batarang dans le crâne du Joker, il serait un criminel au même titre que lui. Et même dans le feu de l’action, ou en cas d’agression de la part de l’ennemi ; leurs capacités exceptionnelles ou surhumaines leur donnent bien souvent la possibilité de neutraliser un adversaire sans le tuer. Utiliser sa télékinésie pour faire exploser le cerveau d’un braqueur de banque dépasse le cadre de la légitime défense, puisqu’une force supérieure à celle de l’agresseur a été déployée ; on ne s’est pas simplement contenté de rendre coup pour coup.

S’il y en a, encore une fois, qui se moquent bien d’être vus comme des criminels et qui vont faire ce qu’ils ont à faire sans remords, les autres veulent se rappeler, et rappeler à ceux qui les observent, qu’ils ne sont, au final, que des citoyens avec des capacités spéciales. Et en cette qualité, ils ne sont pas au-dessus des lois, ils n’ont pas à ôter au système judiciaire ses prérogatives. Il y a des juges, il y a des jurés, et il y a des bourreaux, clairement séparés. Les super-héros refusent d’endosser ces trois rôles à la fois. Si un criminel doit aller sur la chaise électrique, ou même être mis à mort dans des pays où la peine de mort n’existe plus, parce qu’au bout de quelques centaines de victimes on va peut-être arrêter de rigoler, c’est aux différentes personnes qui constituent le gouvernement de le décider, et pas à des individus qui n’ont pas plus de droits que les autres.

Ce n’est là qu’un élément constituant le refus grandement répandu parmi les super-héros de prendre les décisions concernant l’humanité à la place de l’humanité. De leur point de vue, leur travail est de protéger la population et de l’empêcher de sombrer dans la décadence au niveau moral, et pas de l’orienter vers un avenir en particulier, contre son gré. C’est pour les mêmes raisons que Wonder Woman ne va pas chercher les tyrans fous furieux à la mentalité d’enfants dotés d’armes nucléaires (on te regarde, Kim-Jong-Un) pour les mettre dans une cage et ne plus en entendre parler, ou que Superman ne va pas apporter lui-même des tonnes de médicaments aux enfants malades d’Afrique. C’est l’humanité qui doit prendre l’impulsion vers un changement positif et progresser de son propre fait. S’il faut se reposer sur des surhommes pour nous dire ce qu’il faut faire, cela revient à renoncer au potentiel de l’Homme à faire le bien, ce qui serait le plus grand échec des super-héros.

Si les super-héros, en agissant ainsi, veulent éviter de se placer au-dessus des citoyens ordinaires, ils veulent aussi s’empêcher de descendre aussi bas que leurs ennemis. Car les super-vilains sont des individus qui sont, dans l’absolu, incapables de résister à leurs pulsions les plus sauvages. Ils veulent tuer, ils tuent. Ils veulent voler, ils volent. Les super-héros estiment qu’en se laissant aller à tuer de sang-froid les ennemis qu’ils détestent, qui leur ont fait du mal à un niveau personnel ou qui ont commis les plus atroces des crimes, moralement, ils se retrouveront au même niveau qu’eux, puisqu’ils auront également laissé leurs pulsions irraisonnées dicter leurs actions. Ce qui s’oppose au statut moral supérieur qu’ils sont supposés avoir, et à l’exemple qu’ils sont censés incarner.

Car oui, s’il y a un côté personnel à leur refus de tuer, c’est également pour montrer l’exemple à ceux qui les verront à la télévision, dans la rue, ou dans le journal. Pour montrer aux gens « normaux » qu’il est toujours possible de faire un autre choix que de mettre à mort, et qu’il n’est pas nécessaire de se rendre aussi sale que l’individu qu’on a en face de nous. Le tout dans l’optique de nous inspirer à être constamment meilleurs, de garder l’espoir au lieu de céder à la peur inspirée par les vilains de la vraie vie. Car beaucoup pensent que combattre le feu par le feu reviendrait, d’une certaine façon, à admettre qu’ils ont remporté la victoire en nous forçant à nous avilir pour lutter contre eux.

Ainsi, on se retrouve avec la situation assez paradoxale de personnages qui s’efforcent de montrer qu’ils ne sont pas supérieurs au commun des mortels tout en montrant qu’ils sont capables de résister aux pulsions auxquelles succomberait l’individu moyen. D’un côté, on montre qu’on reste un citoyen au même niveau que les autres, et de l’autre, on montre qu’en cette qualité, on est tout de même capable de résister à la tentation et de garder un avantage moral.

Enfin, il y a aussi une peur qui se dissimule derrière cette philosophie : la peur de ne plus pouvoir s’arrêter, et de considérer, après la première mort, qu’effectivement il est plus simple de tuer tous ceux qui commettent des crimes trop graves et que, leurs anciennes méthodes ayant échoué, il est temps de commencer à appliquer la justice d’une façon plus dure, plus implacable. Pour les héros « simples » comme Daredevil ou Spider-Man, cela peut mener à un détachement progressif de leurs proches qui ne partagent pas ces idées et un isolement qui, petit à petit, ferait d’eux rien d’autre que d’autres criminels ; et les héros les plus importants comme la Ligue des Justiciers ou les Vengeurs peuvent finir, pour imposer cette vision à la population et la garder protégée, par prendre le pouvoir. Dans les deux cas, on finit avec des héros devenant précisément ce qu’ils ont juré de combattre.

 

2) Tuer c’est mal, mais en attendant ça marche

Le principal argument amené par ceux qui soutiennent le meurtre de sang-froid des criminels, ce n’est pas dur à deviner. Pour eux, fi des considérations métaphysiques, morales, éthiques. Tuer un ennemi met fin à la menace qu’il représente une bonne fois pour toutes. Pour faire une comparaison, si le héros qui refuse de tuer  ses ennemis est Socrate, à définir son mode de vie à travers des considérations spirituelles, alors celui qui tue sans hésiter est Epicure, pour qui tout est matière, tout est physique, et le mal qui est fait aux pires monstres de la Terre contribue au bien de toutes les personnes qui ainsi ne souffriront pas de leur cruauté. De plus, les criminels les moins endurcis, en voyant le sort réservé à leurs semblables, peuvent devenir trop intimidés pour poursuivre leurs activités s’ils voient que ceux qu’ils combattent sont capables de les tuer.

Dans les univers de super-héros, les prisons, établissements spécialisés, sortilèges de confinement, tout ça est parfaitement inutile. Les vilains s’en échappent comme ils veulent, quand ils veulent, et certains sont même du genre à les considérer comme leurs résidences secondaires pour prendre des vacances entre deux crimes. C’est une perte de temps, c’est une perte d’argent, et cette obstination à tenter de contenir un individu qui ne peut pas être contenu dans l’espoir qu’il change, ou qu’il reste sagement dans son coin pour purger sa peine de six cents ans de prison ferme, met systématiquement en danger les pauvres gens qui seront les victimes de ce criminel lorsqu’inévitablement, il s’échappera. Et si notre ami Batman dort sur ses deux oreilles parce qu’il ne s’est soi-disant pas abaissé au même niveau que le Joker pour mettre fin à ses agissements, d’un point de vue strictement objectif, il est directement responsable de la mort de Julie, trente-six ans, mère de famille innocente, renversée par la voiture du clown maléfique lors d’une course-poursuite après sa dernière évasion. Car si les héros cherchent à montrer l’exemple, en démontrant qu’il y a d’autres moyens de neutraliser les menaces que de tuer leurs adversaires, il reste que ces moyens, on ne les a pas encore trouvés, et en attendant, les gens continuent de mourir sous les coups de criminels au-delà de toute rédemption.

Profitons-en pour revenir à cette peur des héros de devenir des tyrans, des criminels, ou tout simplement de s’abaisser au niveau de leurs ennemis en les tuant.

Il y a de nombreuses sortes de criminels en ce bas monde. Des types qui croisent une vieille et lui piquent son sac sans lui faire de mal, une brute qui tabasse un pauvre petit gars ayant malencontreusement croisé son chemin au mauvais moment, une femme qui empoisonne son mari infidèle par désespoir, un violeur passant ses nuits dans les rues à la recherche de nouvelles proies, un tueur en série multirécidiviste ajoutant torture et meurtre de masse à la liste de ses méfaits au fur et à mesure… et pour un super-héros, tuer ce dernier parce qu’on a tout essayé pour le neutraliser et que ça n’a pas marché revient à accepter la possibilité de tuer tous les autres. Depuis que j’ai commencé à lire des comics, je ne me souviens pas avoir vu un héros refusant de tuer prendre le temps de se dire « Bon, celui-là, ça fait vingt ans que je le mets derrière les barreaux, qu’il ressort comme une fleur et qu’il continue à commettre des crimes tous plus atroces les uns que les autres, à un moment il y en a marre. Donc je lui tords le cou, mais ça ne veut pas dire que je ferai la même chose à tous les bandits que je croiserai. Après tout, le criminel moyen ne peut pas juste s’évader de prison comme ça. » Non, pour eux, être capable d’en tuer un revient à être capable de les tuer tous, sans possibilité de revenir en arrière.

Or, contrairement à un univers comme Star Wars, où les émotions négatives sont exacerbées par le côté obscur, le penchant sombre de l’énergie mystique qui régit l’univers, et où les personnages peuvent donc effectivement succomber à leurs ténèbres intérieures après un meurtre de sang-froid, un super-héros reste un individu à l’autonomie totale, certes potentiellement en proie à la colère et à la haine, mais aussi capable de raisonnement et de logique. Céder à la colère et tuer l’ennemi qui a fait des centaines de victimes, qui a ruiné sa vie personnelle, sans faire mine de pouvoir/vouloir changer et ne pouvant pas être arrêté définitivement, ne signifie pas forcément faire de même avec chaque adversaire affronté, si le personnage est capable de prendre du recul, et d’admettre avoir fait une entorse exceptionnelle à son code moral pour châtier un criminel trop dangereux et difficile à stopper.

Les comics, du moins les comics « mainstream », donc ceux publiés par Marvel et DC, ont souvent formé une ligne très claire entre le héros qui tue et le héros qui ne tue pas : le héros qui ne tue pas est attentif, prudent, et s’efforce toujours de sauver tout le monde, même le méchant, alors que le héros qui tue se moque bien des dommages collatéraux qu’il peut causer en massacrant le criminel face à lui. L’exemple le plus marquant se trouve dans le comic What happened to Truth, justice and the American way et le dessin animé adapté de cette œuvre, Superman vs the Elite, où l’homme d’acier est confronté à une bande de justiciers n’hésitant pas à tuer les criminels, tyrans et autres, quitte à mettre en danger les personnes se trouvant aux alentours.

Notons que si nous restons dans le domaine purement pratique, le fait de laisser la vie à leurs ennemis a l’avantage indirect de rendre les héros eux-mêmes plus forts. En effet, vu que les vilains reviennent sans cesse à la charge, concoctant systématiquement des plans plus malfaisants, les héros doivent également se surpasser à chaque fois, et donc, au fil du temps, leurs compétences augmentent. Alors que des personnages qui affrontent leurs ennemis une seule fois avant de les tuer sont cantonnés au même niveau. Raison pour laquelle, lorsqu’un affrontement a lieu, c’est bien souvent le héros qui ne tue pas qui l’emporte. On peut citer comme exemple le jeu Injustice, qui voit la confrontation de deux Superman, l’un tyrannique, et l’autre héroïque, ce dernier finissant par battre le premier.

C’est là l’un des rares avantages pratiques clairement visibles du refus de tuer. Un avantage compensé par la question que l’on peut alors se poser : devenir plus doué vaut-il la peine de mettre en danger les victimes des vilains qu’on laisse vivre ? N’est-ce pas un comportement égoïste si les héros en sont conscients ?

Les deux camps sont farouchement opposés, et se méprisent les uns les autres ; les héros qui tuent prennent les autres pour des faibles incapables de faire ce qu’il faut dans le but satisfaire leur égo, et les héros qui ne tuent pas prennent les autres pour des faibles incapables de trouver d’autres méthodes et cédant à leurs pulsions violentes.

Il est intéressant de noter que dans les films actuels, les scénaristes ont plus ou moins laissé tomber ce débat. Dans le Marvel CinematicUniverse, par exemple, les héros n’hésitent pas à laisser mourir les hommes de main et méchants secondaires, et sont souvent responsables de la mort des méchants principaux. En fait, pour le moment, le seul héros n’ayant ni tué, ni causé la mort d’un adversaire, c’est Spider-Man. Pour le reste, on ne se pose même plus la question, les Avengers ne se préoccupent pas du sort de leurs ennemis.

Dans le DC Extended Universe, lorsque le film Batman v Superman est sorti, beaucoup de fans se sont révoltés en voyant Batman, qui est connu pour s’accrocher fermement à son refus de tuer, massacrer ses adversaires lors des combats. Cependant, si l’on y regarde bien, on remarque que son attitude tient plus du compromis que de la rupture avec sa règle d’or. Car en effet, jamais on ne le voit tuer un ennemi de sang-froid ; ses adversaires périssent toujours dans le feu de l’action, lors des affrontements. Seule exception, son intention de tuer Superman, qu’il voyait alors comme une menace sans précédent.

Peut-être les scénaristes de films ont-ils compris un point essentiel que les comics semblent se borner à refuser de prendre en compte : tuer un méchant, et par là j’entends un vrai méchant, avec à son actif de nombreux crimes, et ne laissant entrevoir ni possibilité d’être neutralisé autrement, ni de se repentir un jour, ne rend pas forcément un héros aussi mauvais que lui. Comment pourrait-on considérer que tordre le cou d’un serial killer multirécidiviste doublé d’un tortionnaire et un violeur transmet sur nos épaules tout le mal qu’il a commis et fait de nous un monstre au même titre que lui ?

 

3) Que demande le peuple

Quand on parle des choix des super-héros, on doit parler de leurs conséquences pour la population. Comment le perçoivent les gens normaux, qui assistent à tout de loin.

Eh bien, le peuple, il ne sait pas ce qu’il veut.

Disons-le, quoi qu’il se passe, le peuple souffre.

Commençons par le statuquo : les héros et vilains s’affrontent tous les jours, les héros gagnent et arrêtent les vilains pour les conduire dans une prison dont ils s’échapperont dans la semaine pour recommencer. Et durant la période entre chaque évasion et capture, le vilain laissera dans son sillage, ou bien deux ou trois victimes collatérales, ou des traînées de cadavres, des gens qui allaient au travail, acheter un croissant, voir leurs conjoints, des enfants s’amusant dans la rue ; tout ce beau monde, mort. Et les héros qui sont bien tristes, mais qui s’évertuent à passer des menottes à des monstres pouvant soulever des montagnes ou faire fondre du bois, rentrent chez eux dormir du sommeil du juste en laissant des familles endeuillées et des vies brisées.

Imaginons que quelque chose d’atroce arrive à vos proches dans la vraie vie. S’il arrivait un héros qui se proposerait de broyer le crâne du monstre ayant pris la vie de votre frère/sœur/cousin/mère/père/fils/mari/femme, songeriez-vous à lui dire que ce n’est pas son travail, qu’il n’a pas à prendre le rôle de bourreau, que la place du criminel est en prison, que vous lui pardonnez ? Pour ma part, je ne saurais pas si je le pourrais.

Et pour les citoyens des comics, la réponse est claire : non. Si quelqu’un peut prendre les choses en main et tuer le méchant, qu’il le fasse, ce sera tant mieux.

Dans les comics, lorsque des personnages décident de changer leurs méthodes, ou lorsque de nouveaux héros capables de tuer apparaissent, le public commence par les applaudir. Nous avons cité Superman vs The Elite, prenons alors le chef-d’œuvre Kingdom Come. Le Joker attaque le Daily Planet, il tue Lois Lane, et Superman choisit pourtant de le remettre en prison. C’est là qu’arrive Magog, qui tue le Joker et devient la nouvelle idole de la population. Superman, voyant ses idéaux rejetés en faveur de ceux, plus brutaux, de la nouvelle génération de héros, finit par raccrocher la cape, imité par les héros de la première heure.

Quelques années plus tard, Superman et consorts sont forcés de revenir sur le devant de la scène pour tenter de réguler les excès de la nouvelle génération, les héros se montrant violents, sauvages et incontrôlables.

Changeons d’univers : dans les comics Injustice, encore une fois, l’un des plans du Joker provoque la mort de Lois Lane, accompagnée cette fois de son enfant à naître. Et ce coup-ci, Superman craque et le tue. Les super-héros adoptent dès lors des méthodes plus brutales, plus sévères, allant s’il le faut chercher les chefs de deux pays en guerre par la peau des fesses pour les forcer à faire la paix. Une entreprise qui rencontre une farouche opposition menée par Batman. (J’en parlerai dans un prochain article : toujours Batman. Systématiquement Batman)

Flash-forward de cinq ans : le monde est sous la coupe d’un régime totalitaire mené par Superman, qui, dans son désir de protéger l’humanité, a fini par lui retirer toutes ses libertés.

Donc, lorsque les héros épargnent leurs ennemis, le peuple souffre parce que constamment menacé de mort. Lorsque les héros se mettent à tuer leurs ennemis, on commence par bien accueillir ce revirement suite à tous les crimes commis par les malfaiteurs mis à mort. Puis, une fois que les héros ont fini par s’émanciper de leurs règles et codes moraux, et ont commencé à leur tour à martyriser le peuple, on regrette le bon vieux temps, on souffre encore, on ne s’en sort pas. C’est une boucle sans fin. Une situation typique dans laquelle il faut choisir entre deux maux, et où le moindre mal est dur à définir.

4) Et nous ?

« Il faudrait tuer ces putains de terroristes »

« S’ils peuvent nous tirer dessus, pourquoi on pourrait pas faire de même ? »

« Mais qu’ils lui mettent une balle dans la nuque, à ce salopard ! »

Tout dans les histoires de super-héros trouve son reflet dans la vraie vie. Tout. Tout comme ce débat éternel : les criminels, qu’en faire ? Certains pays pratiquent la peine de mort, et si un malfaiteur a commis des actes suffisamment atroces, alors l’Etat prendra la responsabilité de se débarrasser de lui. D’autres ont renoncé à cette sentence, et cherchent systématiquement des façons alternatives de punir les crimes, et, si possible, s’assurer qu’ils ne se reproduisent pas.

Dans notre partie du monde, les régimes étant en majorité démocratiques, c’est au peuple, au travers de ses votes, de choisir quoi faire des tueurs, terroristes, etc. Si les américains ont élu à la présidence un homme prônant l’utilisation du waterboarding, une méthode de torture, cela revient à soutenir ses opinions, et donc encourager un durcissement des réactions face aux actes répréhensibles.

En France, la peine de mort a été abolie, en partie grâce aux discours de personnes influentes telles que Victor Hugo. Pourtant, les crimes, attentats et attaques que nous subissons poussent beaucoup de gens à exprimer le désir de voir leurs auteurs mourir, ou pire. Autant dire que si un super-héros arrivait pour broyer le crâne des malfaiteurs, il recevrait beaucoup de louages, notamment de la part des personnes ayant des griefs envers le système judiciaire qui relâche des meurtriers plus tôt que le gérant d’un site de streaming et qui pensent que les garder en prison est un terrible gaspillage de l’argent de l’Etat et une punition bien peu sévère.

Pourtant, il y en a parmi nous qui, bien qu’ayant souffert aux mains des criminels que d’autres aimeraient voir morts, se découvrent la volonté d’accorder leur pardon à ceux qui leur ont fait du tort. « Vous n’aurez pas ma haine », leur disent-ils. Ils sont horrifiés par ce qu’ils voient, ils souffrent de ce qu’ils subissent, et pourtant ils parviennent à garder la tête froide et à regarder la situation avec un certain recul pour réfléchir à ce qui serait le plus humain, à comment les punir sans tomber dans les travers des dictateurs dont on reproche les agissements.

Marque de faiblesse et de passivité, marque de force et de volonté, les avis peuvent diverger d’une personne à une autre. Et c’est sans doute pour ça que ce débat, présent dans la fiction comme le monde réel, ne trouvera sans doute jamais de conclusion définitive. Et il est fort probable que les héros les plus populaires tels que Spider-Man, Batman ou Flash continueront à défendre leurs valeurs morales et à laisser la vie à leurs ennemis, conservant l’espoir de les neutraliser d’une autre façon.

 

Si l’on est logique, évidemment, la seule vraie raison pour laquelle les vilains ne meurent pas au bout d’un certain point est qu’ils sont trop populaires auprès des lecteurs, et que si l’on tue les méchants, plus moyen de continuer à raconter des histoires de super-héros. Pourtant, cette question se trouve légitimée par sa résonance avec des débats bien réels. Qui sait, peut-être que certains ont trouvé dans les pages des aventures de Batman ou du Punisher des arguments  leur permettant de se forger leur propre opinion sur la meilleure marche à suivre face aux criminels de notre monde.

 

Cet article était long, mais j’espère qu’il était intéressant. S’il vous a plus, n’hésitez pas à le partager, et si vous avez une opinion à donner, les commentaires sont là pour ça. En vous souhaitant une bonne continuation, et à la prochaine pour un nouvel article sur ce blog.

 

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30 juillet 2017

Le multivers, kézako

Si vous lisez des comics, surtout les comics les plus récents, vous avez probablement pu voir vos héros et vilains passer d’un univers à un autre, pour rencontrer des versions différentes d’eux-mêmes, ou bien voir des personnages que vous connaissez vivant des histoires qui ne sont pas en lien avec le fil rouge que vous avez suivi jusque-là.

En effet, les récits de super-héros jouent régulièrement avec le concept d’univers parallèles. Un univers parallèle dans les comics est un univers partageant de nombreuses ressemblances avec l’univers principal, tout en y incluant quelques différences, qui peuvent aller de deux ou trois détails à quasiment tout. Pour citer un exemple, dans l’univers principal de Marvel, Spider-Man est un jeune homme du nom de Peter Parker qui a été mordu par une araignée radioactive. Mais dans un univers parallèle, c’est une certaine Gwen Stacy qui a été mordue par une araignée alors que son camarade de classe Peter Parker, désirant l’imiter, s’est transformé en lézard géant avant de mourir.

Spider-Gwen

Il est fort probable que vous ayez lu des histoires telles que The Dark Knight Returns, All-Star Superman, ou vu l’un des nombreux dessins animés et films de Marvel ou DC, à moins que vous ayez lu une histoire What if? de Marvel. Eh bien, toutes ces histoires prennent place dans des univers indépendants des réalités principales de leurs maisons d’édition respectives. Cependant, de nombreux moyens, magiques comme technologiques, permettent de passer d’un univers à l’autre. Ainsi, il est parfaitement possible que Thor et Ant-Man, par exemple, se retrouvent dans un monde où tous les super-héros ont été transformés en zombies mangeurs de cerveaux.

Marvel Zombies

(Marvel Zombies. Oui, ça existe. Oui, c'est aussi cool que ça en a l'air)

Le concept d’univers parallèles a été introduit assez tôt. A vrai dire, il est apparu dès que des histoires ne faisant pas partie de la continuité principale ont été écrites. Dans certains mensuels de Superman, par exemple, la simple mention selon laquelle l’histoire racontée est indépendante de celles des numéros normaux place ladite histoire dans une réalité alternative. A l’époque, c’est uniquement dans les récits de ce genre que l’on a pu voir Superman et Lois Lane se marier, ou Lex Luthor tuer Superman.

D’abord, les passages d’un univers à l’autre étaient occasionnels, et n’incluaient que deux univers. C’est lorsque les habitants des réalités parallèles ont commencé à interagir activement les uns avec les autres dans des histoires mettant en scène plus de deux réalités alternatives qu’on a commencé à jouer avec l’idée de multivers.

Chez DC, le multivers est notamment devenu l’explication du changement ayant eu lieu dans leurs histoires. Il a été établi que les premiers récits, c’est-à-dire ceux mettant en scène Superman, Batman et compagnie durant les premières années de l’ère des super-héros, se déroulaient sur la Terre-2, alors que les histoires les plus récentes avaient lieu sur Terre-1.

Ayant fait l’acquisition de nombreux personnages ou donné un nouveau souffle à certains d’entre eux, DC a décidé, en 1985, d’uniformiser sa mythologie et de se débarrasser du concept d’univers multiples, considéré comme trop confus. Pour cela, il a fallu réinventer totalement l’univers DC. C’est ainsi qu’a vu le jour l’évènement Crisis on Infinite Earths.

Crisis

L’idée est simple : un méchant surpuissant, l’Anti-Monitor, s‘attelle à détruire le multivers. Des héros de toutes les réalités s’unissent pour le combattre. Beaucoup d’entre eux meurent, tels que Barry Allen, le second Flash, et la première Supergirl. Au final, un seul et unique univers demeure, celui que les lecteurs ont connu jusqu’en 2011 et dans lequel les héros, aux histoires parfois réinventées, ont vécu leurs aventures. Des univers parallèles sont réapparus à partir de l’évènement Infinite Crisis, qui y constitue une sorte de suite. L’un d’eux est la Terre-3, un monde où les héros de l’univers principal sont des méchants, et vice-versa. Depuis, il y a eu de nouvelles interactions entre des personnages provenant d’univers parallèles.

En 2011, l’univers DC subit un reboot intégral lorsque Flash, en essayant de sauver sa mère en remontant le temps, provoque le Paradoxe Flashpoint, la création d’une réalité apocalyptique. En essayant de corriger son erreur, il fait fusionner l’Univers DC classique avec les univers Vertigo et Wildstorm, ce dernier appartenant à l’origine à une maison d’édition indépendante. Cela introduit donc des personnages de ces univers, tels que John Constanine, Mister Majestic et le méchant badass absolu, Helspont, dans l’univers DC. Cependant, débarquant tout droit de l’univers de Watchmen, le Docteur Manhattan, pour une raison encore inconnue, prive les personnages de dix ans de leur vie, initiant le reboot, l’univers qui a été appelé le New 52. Des nouvelles versions, plus jeunes, des personnages de DC sont créées à partir des anciennes. Seuls Superman et Lois Lane échappent à ce changement ; au lieu de cela, Manhattan les sépare en deux entités distinctes, qui rejoignent le New 52.

Mais les univers supposément disparus tels que l’univers d’Injustice, celui du Paradoxe Flashpoint et, plus important, l’univers DC pré-Flashpoint, existent encore. Le Brainiac de l’univers New 52, poussé dans un trou noir par Superman, met alors en place l’évènement Convergence, où sont rassemblés des échantillons de plusieurs de ces univers. Au terme de la Convergence, les Superman et Lois Lane de l’univers pré-Flashoint, avec leur bébé et quelques autres héros, remontent le temps et annulent la Crisis on Infinite Earths, empêchant l’originelle destruction du multivers. Puis ils arrivent dans l’univers New 52, vivant cachés jusqu’à la mort de leurs alter-egos respectifs. Suite à cela, Superman reprend la place de feu le Superman du New 52. Mais, quelque temps plus tard, lui et sa famille sont confrontés à d’autres survivants de l’univers pré-Flashpoint : Doomsday, Wally West (Kid Flash) et Mister Mxyzptlk. Ce dernier, désirant se venger de Superman, qui n’a pas tenté de le sauver lors de la destruction de leur univers, finit par permettre aux deux versions de Superman et Lois de fusionner, les rendant de nouveau complets. Cela provoque une réécriture de l’univers New 52, accordant les histoires des deux Superman, et effaçant des éléments vécus par celui du New 52, tels que sa relation avec Wonder Woman.

Superman Wonder Woman

(Nooooooon ! Après toutes les fan-fictions que j'ai écrites sur ce couple !)

Ah, n’empêche, la mythologie DC est devenue tellement moins confuse depuis la première Crisis…

Chez Marvel, le multivers a toujours existé, et, contrairement à DC, les histoires principales n’ont pas été déplacées d’un univers à l’autre, permettant de conserver une certaine cohérence. Ici, l’univers principal est la Terre-616.

En 2015 ont lieu les évènements Time Runs Out et Secret Wars, durant lesquels le multivers Marvel est intégralement détruit, et reconstruit quelque temps plus tard. Quelques éléments sont modifiés, tels que la disparition de la famille Richards, qui signe la dissolution des Quatre Fantastiques (reed Richards ayant reçu plus ou moins le statut de Dieu et s’attelant à recréer toutes les réalités du multivers) et le déplacement de Miles Morales, le Spider-Man de la Terre-1610 après la mort de Peter Parker, sur la Terre-616, faisant de lui le deuxième Spider-Man en activité.

Ces changements sont relativement mineurs. Oserai-je dire qu’à part cela, ces deux évènements cataclysmiques, supposés signer la mort et la renaissance du multivers Marvel, n’ont servi à rien et n’avaient au final aucun véritable enjeu ?

Oui.

Vous l’aurez donc compris, un multivers est, dans une maison d’édition, l’ensemble des univers mettant en scène les personnages créés par cette maison d’édition. J’ai pris les exemples de Marvel et DC, car ils sont clairement les plus parlants, mais il y a également un multivers Star Wars, un multivers Warcraft… chaque licence comportant des réalités alternatives inclut automatiquement un multivers.

Et, pour compléter votre culture, sachez que tous ces multivers font partie de ce qu’on nomme l’omnivers. L’omnivers est l’ensemble de toutes les réalités quelles qu’elles soient. La nôtre, les possibles mondes parallèles au nôtre, les univers de fiction, les univers que nous créons lorsque nous rêvons, les univers dont nous ne soupçonnons pas l’existence car ils n’ont pas encore été mentionnés dans une œuvre fictive, les univers imaginés… chaque réalité matérielle, hypothétique, fictive, fait partie de l’omnivers.

En résumé, si nous pouvions voyager entre les dimensions, nous pourrions atterrir dans une Terre alternative et rencontrer nos propres alter-egos. Et, en allant encore plus loin, nous pourrions quitter les limites de notre multivers, aller serrer la pince de Jon Snow et lui dire que sa mère est en réalité-

Spoiler

 

Avouez que vous adoreriez ça.

J’espère que cet article vous aura plu, et aura éclairé vos lanternes sur le concept de multivers. N’hésitez pas à le commenter pour donner votre avis, et à le partager à vos proches !

Et quels que soient vos problèmes, n’oubliez pas que dans un univers alternatif, quelque part dans l’omnivers, vous êtes Superman. Et ça, c’est positif.

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12 juin 2017

Les périodes dans les histoires de super-héros

1938 : Le terme « super-héros » n’a été employé qu’une seule fois dans l’Histoire, par un certain Zarathoustra.

Zarathoustra

(Lisez-le, c'est bien)

 Et s’il existe dans la fiction des personnages possédant certaines caractéristiques que l’on attribuera plus tard aux super-héros, le terme n’a pourtant jamais été utilisé pour désigner un individu se servant de ses facultés hors du commun pour sauver des vies.

Jusqu’à ce que deux jeunes auteurs, Jerry Siegel et Joe Shuster, retravaillent une obscure nouvelle qu’ils ont écrite en 1933 et créent the phénomène. Le personnage qui va amorcer un changement profond dans la science-fiction, et la fiction en général. Il est fort, il est beau, il est coloré, il est toujours là malgré les années, ce n’est pas un oiseau, ce n’est pas un avion, c’est…

Superman

C’est nouveau ! C’est inédit ! C’est unique ! Et ça entraîne la création de nombreux autres personnages. C’est une nouvelle ère qui débute, celle des super-héros.

2017 : Ils sont partout ! Dans les comics, au cinéma, à la télévision, ils sont cool, sérieux, marrants, sombres, cinglés, grands, petits, sans pouvoirs, tout-puissants, il y en a pour tous les goûts ! Ils sont plus nombreux que les Pokémon, aussi variés que les gens qui les créent. Les super-héros ont laissé sur le monde de la fiction une marque que ne renieraient pas les héros de la Grèce Antique et les chevaliers de la Table Ronde.

A notre époque, où « code » est synonyme de « contrainte » dans le domaine de l’art, il est difficile de trouver des constantes aux super-héros. Il y a bien évidemment certaines choses qui reviennent, comme l’éternel combat au nom du Bien, bien que même le Bien puisse être interprété de bien des façons. Les super-héros n’ont quasiment aucune limite, et ça c’est bien.

Les univers dans lesquels prennent place les récits de super-héros (on parle d’univers intra-diégétiques) se divisent en deux catégories. Enfin, si l’on adopte un certain point de vue. Sinon, je suis certain qu’il y a des cas où ils peuvent se diviser en vingt-cinq catégories.

Dans notre cas, les deux catégories d’univers de super-héros sont les suivantes :

Il y a tout d’abord les univers qui n’existent que le temps d’une seule histoire contenant un début, un milieu et une fin. Vite créés, plus ou moins développés selon la longueur des histoires dans lesquelles ils existent, ils abritent un ou plusieurs super-héros. Nous retrouvons bien souvent des univers de ce genre dans des productions indépendantes, ou dans des collections particulières d’éditeurs connus, comme la collection Dark Horse chez DC. Des univers appartenant à cette catégorie se trouvent par exemple dans Secret Identities publié par Image Comics (très agréable découverte), la série courte Big Crunch de Rémi Gourrierec (histoire de caser quelques bons auteurs de chez nous), Furious de Bryan J.L Glass et Victor Santos (lisez-le ou je ne vous aime plus) et, jusqu’à récemment, le légendaire Watchmen d’Alan Moore, publié par DC Comics.

La seconde catégorie regroupe les univers qui se développent au sein de nombreuses séries de super-héros et évoluent au fil des années en parallèle avec le monde réel. Les personnages des différents titres se croisent régulièrement, et les évènements de certaines séries peuvent influencer les autres. Les deux champions incontestés de cette catégorie sont bien évidemment les univers Marvel et DC, qui évoluent depuis des décennies, bien que l’univers DC ait subi beaucoup plus de changements au niveau de la temporalité. A tel point qu’il y a des fois où je me demande si les éditeurs eux-mêmes savent où ils en sont.

Au fil de mes lectures, j’ai commencé à distinguer quatre périodes dans les univers des récits de super-héros, et ce peu importe leur catégorie. Il s’agit des périodes dans lesquelles les personnages évoluent. Je me suis amusé à les détailler et à essayer d’y caser les comics que je connais.

1) Les débuts

« Super-héros ? Euh… c’est comme un genre de super-pompier ? Ah, non, c’est ces trucs fantaisistes et irréalistes que les gamins lisent, là, au lieu de faire leurs devoirs. »

Au cours de cette période, on n’a jamais vu d’humains voler. Ou bien, on en a aperçu quelques-uns au fil des siècles, et ça a été mentionné à la page 20 du journal local. Mais des types qui débarquent avec tout un tas de super-pouvoirs et des costumes colorés, c’est totalement inédit ! Qui sont-ils, d’où viennent-ils, que veulent-ils ? On s’interroge, on les craint bien souvent, on les considère parfois comme des criminels.

Cette période voit l’apparition au sein de l’univers de ses premiers, et souvent principaux, super-héros, et leurs premières aventures. Dans les maisons d’édition les plus anciennes, DC (alors Detective Comics Inc) et Marvel (alors Timely Comics) en particulier, cet élément est souvent survolé, et réduit à l’incrédulité des personnages « normaux » face à ces évènements exceptionnels. Il est cependant fait mention, dans les premiers numéros, du caractère unique de ces surhommes aux pouvoirs titanesques. Il suffit de lire le premier numéro d’Action Comics pour voir la stupeur des pauvres gangsters dont les balles ricochent sur la peau indestructible de Superman. Au cours de la période suivante, cette particularité ne surprendra plus personne.

Chez Marvel, cette période s’étend des années 40 au début des années 60. En 1939 apparaît le premier super-héros de l’éditeur Timely Comics, vous le connaissez bien évidemment, il s’agit de Namor.

Non, pas Captain America. Namor.

La Seconde Guerre Mondiale est l’occasion pour cet éditeur de développer une flopée de personnages qui vont joyeusement cogner du nazi, avec à leur tête l’iconique Captain America. On peut aussi compter parmi les plus importants la Torche Humaine, qui ici n’est pas un adolescent pouvant s’enflammer, mais un androïde pouvant s’enflammer.

Dans l’univers des récits, ces personnages marquent un tournant. Pourtant, vingt ans plus tard, l’humanité n’est toujours pas pleinement habituée à leur existence. C’est pour cette raison que les surhommes qui débarquent par vagues dans les années 60 sont un immense choc. Quatre astronautes sont frappés par un nuage radioactif et reviennent avec des pouvoirs. Un inventeur de génie est fait prisonnier au Vietnam et se fabrique une armure pour s’échapper. Un savant est bombardé de rayons gamma et se transforme en un monstre vert au sale caractère. Un adolescent est mordu par une araignée radioactive et développe des pouvoirs d’araignée. Les super-héros arrivent dans le quotidien, et, pendant un temps, sont un objet de curiosité pour la population.

De nombreux récits décrivant la naissance d’un super-héros se déroulent dans cette période. Il faut remarquer que dans des productions indépendantes, cette période peut s’étendre indéfiniment s’il n’y a qu’un seul héros, ou bien s’ils restent rares. Pour ne pas citer de nouveau Furious, je vais mentionner « Hancock », film de Peter Berg sorti en 2008, dans lequel le personnage demeure le seul super-héros en activité.

Hancock

Au fil des aventures et des apparitions de super-héros ou super-méchants, on avance progressivement vers la seconde période.

2) Commun mais pas banal

« Vite, maman, c’est toujours à cette heure-ci que Spider-Man passe dans le quartier, je veux pas le louper ! »

Lors de cette période, on peut considérer que ça y est, on a fini de se poser des questions. Les super-héros existent, point. Ils sont même plutôt nombreux. On n’est pas particulièrement surpris lorsque l’un d’eux fait son apparition, et parfois, on peut même en créer artificiellement. Cependant, les héros gardent un statut tout particulier. Ils restent impressionnants et conservent l’aura qui fait d’eux des êtres à part. Les pouvoirs ont beau être répandus, ils ne tombent pas sur n’importe qui. Et surtout, il y a encore une distinction très nette entre la vie du super-héros et celle du citoyen lambda. Les aventures sont également toujours sérieuses, et bien que la danse infernale entre héros et vilains commence à dater, on retrouve toujours des enjeux de taille, soit au niveau spirituel, soit au niveau matériel.

J’estime pour ma part que DC est toujours dans cette période. Dans cet univers, la figure du super-héros reste une figure sacrée, spéciale par rapport aux humains normaux. Cela est aidé par le fait que de nombreux personnages sont dérivés d’autres personnages préexistants.

bat-family

(La Bat-Family)

L’univers Marvel se trouvait dans cette période dans les années 90-début 2000. A vrai dire, je pense pouvoir situer précisément le point où il est passé de la seconde période à la troisième : la conclusion de l’arc scénaristique Siege et la mort d’un personnage qui a, à lui seul, servi de fil rouge à l’univers Marvel depuis l’an 2000 jusqu’à cet instant.

Sentry badass

(Sentry, la classe incarnée)

Je développerai cette opinion dans un prochain article.

3) Un peu trop courant

« Chérie, je vais être en retard, y’a une armée démoniaque qui essaie d’invoquer un Destructeur près de la boulangerie et des héros qui les combattent. Oui, oui, je penserai à prendre du pain. »

Cette fois, les super-héros font partie intégrante du quotidien. Ce n’est plus surprenant, et les pouvoirs tombent comme la pluie. N’importe qui peut, du jour au lendemain, devenir un super-héros. Les affrontements entre héros et vilains sont devenus monnaie courante et ressemblent d’ailleurs davantage, au vu des attitudes des protagonistes, à une simple routine qu’à une lutte guidée par des enjeux sérieux, et le super-héros a perdu une partie de son aura qui le plaçait au-dessus de la population.

Il n’est donc pas rare, dans cette période, de croiser des personnages aux pouvoirs frôlant le ridicule de par leur inutilité ou leur loufoquerie. Nous pouvons citer comme exemple Doorman, un personnage de Marvel Comics qui, en s’appuyant contre un mur ou une porte, permet à ses compagnons de traverser son corps pour passer dans la pièce voisine.

Doorman

(Cet individu fait partie des Great Lake Avengers. Et non, ce n'est pas Mr Fantastic avec lui, mais Flatman. C'est pareil, sauf que pour s'étirer, il doit s'aplatir.)

L’univers Marvel se trouve actuellement dans cette période. Il n’est plus rare d’assister à des voyages dans le temps ou entre les dimensions, ou de rencontrer des entités cosmiques, alors que fut un temps, ces évènements étaient exceptionnels et avaient généralement un énorme impact sur l’univers. Qui aurait cru, à une époque, que Thanos, le Titan fou qui a annihilé la moitié de l’univers, se retrouverait à faire équipe avec Deadpool ?

L’une des raisons pour lesquelles Marvel est entré dans cette période est le fait que, contrairement à des univers comme DC, les super-pouvoirs sont distribués presque aléatoirement à absolument n’importe qui. Entre les radiations, la magie, les gènes mutants, les gènes Inhumains, les vampires, le pouvoir cosmique, tout peut changer le citoyen lambda en surhomme. Et quand je dis citoyen lambda, je parle vraiment du citoyen lambda. Une jeune femme pickpocket se retrouve avec un sac magique, un jeune homme pulvérisé se transforme en fantôme…

Cette tendance ouvre la porte à beaucoup de séries au ton plus léger, voire des séries comiques, telles que Howard le Canard, Patsy Walker A.K.A Hellcat ou Gwenpool. On assiste également à une prolifération de grands crossovers supposés avoir des répercussions immenses, mais dont l’impact se fait en réalité difficilement ressentir. Trois exemples récents : Time Runs Out, qui n'est ni plus ni moins que la destruction entière de tous les univers constituant le multivers Marvel et qui s’est achevé par la reconstruction dudit multivers avec quelques modifications mineures telles que l’inclusion d’un second Spider-Man dans l’univers principal et la dissolution des Quatre Fantastiques ; Civil War II, un nouveau conflit entre deux groupes de super-héros qui ne s’est révélé être qu’une série de disputes avant une seule vraie bataille, et dont les seules conséquences un minimum importantes ont été la mort de Bruce Banner (le Hulk original, alors qu’un autre Hulk sans problèmes psychologiques était déjà présent), le coma de Tony Stark (aussitôt remplacé par trois héros inspirés d’Iron Man, dont une intelligence artificielle de Tony et un Docteur Fatalis repenti) et la création d’une équipe de jeunes héros, tous inspirés ou héritiers de héros classiques comme Spider-Man, Miss Marvel et un Cyclope du passé (Pardon ? Plagiat des Teen Titans ? Non, je ne vois pas de quoi vous voulez parler) nommée les Champions ; et X-Men vs Inhumans, qui, malgré ses enjeux majeurs (l’extinction ou l’exil des mutants à cause du nuage éveillant les gènes Inhumains chez les gens), est passé quasi-inaperçu. Nous n’assistons plus à d’énormes bouleversements dans le statuquo comme à l’époque de Civil War premier du nom, mais à de simples changements anecdotiques. Nous pouvons juste espérer que l’évènement en cours, Secret Empire, aura des répercussions autrement plus importantes. Mais, de façon générale, l’univers Marvel nous a habitués à toutes sortes d’intrigues, il est donc difficile d’innover et de donner aux histoires le même poids qu’elles avaient il y a à peine plus de dix ans. Et cette situation semble partie pour durer, car Marvel n’a, semble-t-il, aucune intention de donner une fin à ses histoires. Il faudra donc que le statuquo perdure, et cela implique de constamment trouver des moyens d’y revenir. Et cela, même la destruction totale du multivers ne peut l’empêcher.

Navré, Beyonders, Titans fous et autres Galactus, mais peu importe vos efforts, vos pouvoirs ne sont rien face à ceux des éditeurs.

Pour nous aventurer dans un autre univers qui n’est ni Marvel, ni DC, parlons de la série Invincible d’Image Comics. Celle-ci commence directement dans cette période, où les super-héros et les super-vilains sont légion, et où les affrontements ont des airs d’activités entre amis. Cependant, cette série n’ayant pas pour vocation de durer tant qu’elle fera de l’argent comme celles de Marvel et DC, l’auteur n’hésite pas à mettre en scène des évènements qui modifient drastiquement, et pour de bon, le statuquo.

Invincible

(Attention : ce comic est réservé à un public averti. Robert Kirkman étant également le créateur du comic The Walking Dead, il n’est pas rare de voir les personnages se sortir les tripes pendant les combats. Littéralement.)

4) La retraite ou presque

« And you could have it all, my empire of dirt… »

Réservée aux productions stand-alone comme Watchmen ou Old Man Logan, cette période existe alors que l’âge d’or des héros est passé depuis plus ou moins longtemps. A cause d’un évènement quelconque (apocalypse nucléaire, retraite anticipée, épuisement naturel des super-vilains à combattre…) la plupart des super-héros ont mis un terme à leurs activités. Les histoires ayant lieu dans cette période sont généralement sombres et sinistres, et les personnages désabusés et cyniques. Mais parallèlement, il s’agit bien souvent d’œuvres d’une grande qualité, voire même de chefs-d’œuvre absolus. J’ai déjà cité Watchmen d’Alan Moore, mais nous pouvons aussi mentionner The Dark Knight Returns de Frank Miller, qui a complètement redéfini le personnage de Batman. Pour ajouter un petit inconnu au bataillon, mentionnons également le comic Wanted de Mark Millar, qui a donné lieu à une adaptation cinématographique avec au casting Angelina Jolie. Pour ceux d’entre vous qui se sentiraient trop fainéants pour lire le comic, sachez que le film n’a RIEN à voir avec l’œuvre d’origine.

Un élément important, et même amusant, se retrouve presque systématique dans les histoires se déroulant dans cette période : les super-héros laissent rarement le monde dans un meilleur état qu’à leur arrivée. Dictature gobale, apocalypse, guerre nucléaire proche, humanité détruite, il est extrêmement rare que la société post-super-héros soit une société utopique, ou même stable. S’il  y en a, n’hésitez pas à me les indiquer.

Ironique, n’est-ce pas ? Les super-héros se battent précisément dans le but de rendre le monde meilleur, et pourtant, lorsqu’il est temps pour eux de raccrocher les collants, il ne reste qu’un chaos absolu dont ils sont souvent indirectement, parfois directement, responsables, et même à l’occasion, coupables. Cette période est probablement la plus intéressante, car elle permet de remettre en question les apparents bienfaits de la présence des super-héros dans le monde des humains. Un fan de super-héros voulant étudier leur effet et leur influence à la fois dans le monde de fiction et dans la réalité, pourrait probablement y consacrer un long article sur son blog, et peut-être même une thèse ou un essai.

Dommage que nous ne connaissions personne qui corresponde à ces critères.

 

Quatre périodes dans lesquelles prennent place les histoires de super-héros, c’est le nombre que j’ai estimé. Si cet article vous a donné envie de mener vos propres réflexions, n’hésitez pas à les écrire en commentaire de cet article, et de le partager auprès de vos amis. Merci de m’avoir lu, et à une prochaine fois !

 

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20 mai 2017

Mais au fait, qu'est-ce qu'un super-héros ?

Durant mes cours de philosophie, j’ai appris que lorsqu’on veut discuter d’un sujet, il faut d’abord en définir les termes afin d’être aussi précis que possible et ne pas déborder sur tout autre chose.

Vous voyez, les enfants, ce qu’on apprend à l’école peut nous servir plus tard.

Sur ce blog, nous parlerons surtout de super-héros. Alors nous allons commencer par définir ce qu’est un super-héros.

Certains (les non-initiés, les sites les plus généraux et autres) vous diront sûrement que c’est bien simple : un super-héros, c’est un personnage en collants aux couleurs vives qui se bat contre des méchants. C’est une définition plus ou moins recevable, mais comme ici nous sommes pour le compliqué, nous allons essayer de l’étoffer un peu afin que je puisse prétendre que l’étude des super-héros est un sujet sérieux et m’en servir pour ma thèse de doctorat.

Un super-héros est un personnage de fiction. Bien qu’il s’agisse d’un personnage un peu passe-partout et que les auteurs puissent en faire ce qu’ils veulent, comme le placer dans un univers de science-fiction ou de fantasy, il conserve des propriétés immuables. Certaines de ces caractéristiques sont fréquentes mais seulement optionnelles, et d’autres sont nécessairement présentes pour que l’on puisse parler de super-héros.

Les caractéristiques fréquentes mais optionnelles chez un super-héros :

-Un pseudonyme. Il s’agit d’un nom de guerre qu’il utilise lors de ses apparitions publiques. Après tout, on peut avoir le costume et les pouvoirs les plus fantastiques du monde, si on s’appelle Jean-Kévin de la Bougnaquette, on n’aura pas que des admirateurs. La plupart des super-héros ont un pseudonyme pour garder secrète leur véritable identité, afin de protéger leurs proches face à leurs ennemis qui pourraient vouloir se servir de cette information pour s’en prendre à eux. Certains trouvent des astuces pour dissimuler leur identité secrète. Prenons Superman, par exemple : sous l’apparence de Clark Kent, il porte des lunettes et modifie légèrement son timbre de voix, en plus de se comporter beaucoup plus maladroitement. Il port également des vêtements plus larges pour dissimuler son corps de bodybuilder.

Eh non, son costume ne se résume pas qu’à une paire de lunettes et à la stupidité des habitants de Metropolis.

D’autres super-héros ont des méthodes plus originales, comme il fut un temps Tony Stark, et actuellement dans les comics principaux Peter Parker, qui font passer leurs alter-egos respectifs, Iron Man et Spider-Man, pour leurs gardes du corps.

Hobie

(Voici Hobie, le "cascadeur"/ex-criminel chargé de se faire passer pour Spider-Man lorsque lui et Peter doivent être vus dans la même pièce)

Mais le pseudonyme employé par un super-héros ne sert pas nécessairement à cacher sa véritable identité. Certains sont publiquement connus par leurs vrais noms en plus de leurs noms de guerre, comme les Quatre Fantastiques ou, plus récemment, Iron Man ou Captain Marvel (Carol Danvers).

Carol

(Ici, pas besoin de lunettes)

-Une tenue distinguant le personnage de la majorité. C’est un costume aisément reconnaissable, à cause de sa forme ou ses couleurs. Dans de nombreux cas, les super-héros portent des collants, plus pratiques lorsqu’il s’agit de faire des cascades. Mais on peut aussi trouver des armures ou des équipements plus originaux, comme la tenue sobre mais si reconnaissable de Hulk. Il est aussi fréquent de voir des emblèmes permettant d’identifier plus facilement les super-héros qui les portent.

 

Mais on peut se passer de ces deux éléments. Après tout, on a déjà vu des super-héros qui agissaient sans costumes et sous leurs véritables noms, même s’ils sont plutôt rares et apparaissent surtout dans des œuvres indépendantes, comme Hancock (même si le personnage se livre à une odieuse trahison vers la moitié du film en adoptant un uniforme), ou plus récemment, Jessica Jones dans la série du même nom.

Il y a par contre des éléments qui sont impossibles à laisser de côté pour que, à mon sens, le personnage puisse être qualifié de super-héros.

Ainsi, les caractéristiques constantes chez les super-héros seraient les suivantes :

-Des capacités et/ou ressources exceptionnelles, voire surhumaines, et totalement inatteignables pour le commun des mortels. Si le héros ne possède pas de super-force ou de vision laser, vous pouvez être certains que ses capacités physiques et intellectuelles peuvent mettre la misère à Einstein, Stephen Hawking, Mohammed Ali et Bruce Lee, et que bien souvent, sa fortune pourrait mettre un terme à la faim dans le monde.

Avec de l’entraînement et de la motivation, des milliers de personnes pourraient devenir des espions dans le genre de James Bond, ou des pompiers, ou des enquêteurs. Mais maîtriser 127 arts martiaux, construire des machines que tous les savants du monde ne pourraient pas reproduire s’ils mettaient leurs efforts en commun, et prévoir des plans dans des plans parsemés d’autres plans pour se sortir de n’importe quelle situation, c’est purement et simplement impossible dans le monde réel.

Voilà pour les gens qui disent qu’ils s’identifient plus facilement à Batman qu’à Superman.

C’est le côté « super » du « super-héros ». Un pompier qui se précipite dans une maison en  flammes pour en sortir une famille prise au piège, c’est un héros. Un type qui utilise sa machine volante pour évacuer les victimes, qui soulève des poutres qui semblent impossibles à déplacer, et qui en prime refait le portrait au taré armé d’un lance-flammes qui a déclenché l’incendie, c’est un super-héros.

Ce sont la plupart du temps des capacités qui permettent au personnage de se battre. C’est triste, mais c’est comme ça. L’intelligence extraordinaire d’Hercule Poirot ne lui permet pas de se confronter physiquement à ses adversaires. L’intelligence de Tony Stark et ses ressources qui lui permettent de fabriquer des armures surpuissantes, en revanche, si.

Enfin, ces capacités doivent rendre le personnage unique au sein du monde dans lequel il vit et opère le plus souvent. Par exemple, bien qu’il existe plusieurs milliers de Green Lantern dans l’univers DC, il n’y en a généralement que quelques-uns qui officient sur Terre, le principal lieu de l’action, et il n’est pas possible que des individus dotés de pouvoirs similaires se manifestent purement par hasard parmi la population. Cela, en plus des autres traits distinctifs, fait des Green Lantern de la Terre des super-héros. Les Jedi, par contre, bien que rares à l’échelle de la Galaxie, ne sont pas des cas si particuliers, étant donné que la Force peut se manifester de façon tout à fait aléatoire chez divers individus, sur toutes les planètes, et il n’est pas impossible de se procurer un sabre laser même sans être un Jedi ou un Sith. De même, les sorciers dans Harry Potter n’ont rien d’exceptionnel sur Terre. De plus, ils utilisent leurs pouvoirs dans leur vie quotidienne, et non dans le but précis de protéger l’humanité.

Et puisqu’on en parle…

-Ces capacités sont mises au service du Bien et de la lutte contre le Mal. Cela passe par la protection d’individus, de populations ou de mondes entiers, soit en les sauvant d’accidents ou de catastrophes mortels, soit en affrontant des individus dotés de mauvaises intentions. Les individus en question peuvent être un voleur de sac basique, un gangster, ou, plus fréquemment, un personnage doté lui aussi de capacités exceptionnelles, mais s’en servant dans un but malveillant. On appelle ce type de personnage un « super-vilain ».

Il faut noter que cette lutte contre le mal est constante. Ce n’est pas le temps d’une histoire, pour combattre un seul ennemi. Un individu qui utilise ses capacités pour faire le bien une fois parce qu’il se trouvait là, ou parce que ça ne concerne que lui, peut difficilement être considéré comme un super-héros. De même, la lutte en question est désintéressée. On ne force pas un personnage à être un super-héros, de même qu’il ne le fait pas uniquement pour de l’argent (on entre alors dans le domaine du mercenaire). Il est possible qu’un héros soit rémunéré, mais généralement, l’argent n’est qu’un bonus.

-Enfin, et découlant directement de cette caractéristique, on a une promotion de valeurs morales qui s’opposent à celles de leurs adversaires. Bien évidemment, ces valeurs changent en fonction de l’époque et de la société, avec assez peu de constantes, comme le refus de tuer de sang-froid pour la plupart des héros. Cette opinion est d’ailleurs au centre de débats enflammés, à la fois dans les univers des récits et parmi les communautés de fans. Mais de façon générale, on retrouve un refus de la violence gratuite et de l’abus des pouvoirs dans un but personnel, avec occasionnellement un esprit de sacrifice, et la volonté de ne pas agir comme des dieux en jouant les rôles de juge, juré et bourreau.

Les personnages n’adhérant pas à ces valeurs, comme le Punisher, Red Hood, Deadpool et d’autres héros d’éditeurs moins influents que Marvel et DC, comme Spawn ou Rorschach, sont souvent vus comme des anti-héros, des personnages qui font le bien dans les grandes lignes, mais en enfreignant quelques règles dictées par la morale.

 

Voici donc ma définition de ce qu’est un super-héros. Vous n’êtes pas d’accord ? Vous pensez que j’ai oublié des éléments ? N’hésitez pas à en parler, et à partager cet article pour que vos amis puissent en profiter également ! Et à la prochaine pour un nouvel article sur mon blog !

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30 avril 2017

Han Solo et la continuité

Le film Star Wars : Le réveil de la Force est en partie connu pour avoir un certain nombre de... similarités avec le film Un nouvel espoir. Un ordre galactique tyrannique mené par un guerrier sombre ? Check. Une armée de résistants ? Check. Une station spatiale orbitale capable de détruire des planètes entières ? Check. Pourtant, on retrouve quelques différences.

L’un des changements les plus emblématiques est probablement la transformation de l’état d’esprit du légendaire Han Solo. Anciennement contrebandier cynique et désabusé, lorsqu’un jeune fermier et un vieil ermite sont venus lui parler d’une énergie mystique qui structurerait l’univers tout entier, il leur a ri au nez.

Trente ans plus tard, c'est différent. Il en a vu, des choses, et cela donne lieu à une scène particulièrement émouvante dans laquelle on le voit discuter avec les nouveaux héros, Rey et Finn. A l’origine arrogant, presque méprisant face à cette religion dont plus personne n’a entendu parler depuis des années, cette fois, il déclare, tout à fait humblement : « C’est vrai. Tout est vrai. »

 

C’est beau. C’est émouvant. C’est représentatif de l’évolution du personnage entre les deux trilogies.

MAIS.

J’ai repéré dans ce passage ce qui me semble être une énorme incohérence au niveau de l’histoire.

Resituons un peu les choses avant de développer.

La Galaxie est dominée par le terrible Empire Galactique, dirigé par l’Empereur Palpatine, avec à ses côtés le surpuissant Dark Vador. Cela fait vingt ans que l'Ordre Jedi a été presque totalement exterminé. L’Empire est en pleine construction d’une arme aux capacités destructrices inégalées, l’Etoile Noi- euh, pardon, l’Etoile de la Mort. L’Alliance Rebelle est parvenue à dérober les plans de cette station spatiale dévastatrice, mais la princesse Leia, capturée par Dark Vador, envoie lesdits plans sur la désertique planète Tatooïne, à l’intérieur du droïde R2-D2. Celui-ci, accompagné par son meilleur ami Z-6P- ah, bon sang ! son meilleur ami C-3PO, se lance à la recherche du légendaire Jedi, Obi-Wan Kenobi, pour lui transmettre un message de la princesse l'implorant de remettre les plans à la Rébellion. Mais tous deux sont recueillis par un jeune fermier nommé Luke Skywalker. Après avoir fait la rencontre d’Obi-Wan, le petit groupe décide de remettre les plans au père de Leia, sur la planète Aldérande. Pour cela, il leur faut un vaisseau. Ils font donc la connaissance de Han Solo, pilote du Millénium Condo- ZUT ! du Faucon Millénium. Lorsqu’il entend parler de la Force et des Jedi, Solo prend tout ça pour une vieille religion sans importance. Pour lui, il n’y a pas de pouvoir mystique dirigeant l’Univers, et encore moins des gens capables de s’en servir.

Ellipse de trente ans : pour faire simple, Luke est devenu un chevalier Jedi, il a renversé l’Empereur avec un Dark Vador repenti, l’Empire a été vaincu, Luke a voulu former de nouveaux Jedi, dont le fils de Han et Leia, manque de chance celui-ci a été corrompu par un maître du côté obscur de la Force et a réexterminé les Jedi, et Luke est parti en exil. Seuls quelques rares témoins, comme Solo lui-même, savent que les Jedi et la Force existent.

Nous avons donc une galaxie où les Jedi ont été réduits au statut de mythe, si bien que la plupart des gens ne croient même pas à leur existence ou à celle de l’énergie invisible qui structure l’univers tout entier.

Le souci, c’est que ce n’est pas possible. Si on réfléchit logiquement, il me semble qu’il est inconcevable que la Galaxie toute entière ait oublié les Jedi. Et voici pourquoi. Accrochez-vous, ça va être long.

A l’époque du film Un nouvel espoir, cela fait vingt ans que les Jedi ont disparu. Or, si l’on se fie à l’Univers Etendu créé par des dizaines d’auteurs au fil des années, l’Ordre Jedi a été fondé vingt-cinq mille ans auparavant. L’Ordre Jedi est plus ancien que la République Galactique elle-même. Et il ne s’agissait pas d’une obscure secte aux pratiques peu connues. Les Jedi, ainsi que leurs ennemis les Sith, ont façonné l’histoire de la Galaxie. Des planètes ont été détruites, sauvées, profondément changées par tous leurs affrontements et leur utilisation de la Force. Les Jedi ont pris part à tous les conflits à l’échelle galactique, et la plupart d’entre eux étaient carrément livrés contre les Sith, d’autres utilisateurs de la Force. Et même si l’on enlève l’Univers Etendu, dont la canonicité est désormais relative, et que l’on ne garde que les films, l’histoire de l’Ordre Jedi remonte à au moins mille ans, date à laquelle les Sith ont supposément disparu.

Pour résumer, un ordre millénaire qui a marqué la Galaxie a disparu vingt ans auparavant. Donc, toute personne âgée de quarante ans ou plus était déjà adulte à l’époque de sa disparition. Et je rappelle que cela se passe dans une galaxie où certaines espèces peuvent vivre jusqu’à l’âge de mille ans et continuer à danser le mia.

Maz

(« Bonjour, je m’appelle Maz, je suis comme Yoda mais pas tout à fait parce que je suis encore plus vieille, lol »)

En développant cette réflexion, j’ai vu des théories expliquant cette méconnaissance de l’Ordre Jedi de la part des habitants de la Galaxie. Les deux principales sont celles-ci :

1) L’Empire a mené une grande campagne de propagande visant à effacer toute trace des Jedi dans la Galaxie.

Admettons que ce soit vrai. Encore une fois, l’Ordre Jedi existe depuis des millénaires, et des utilisateurs de la Force ont transformé la Galaxie à plusieurs reprises. Sachant que c’est une très vaste galaxie (il est fait mention de milliers de systèmes dans l’introduction de L’attaque des clones) et qu’il ne s’est écoulé QUE vingt ans, ce qui signifie qu’un adulte de quarante ans a très bien pu connaître les Jedi, il est absolument impossible d’effacer la mémoire collective de cette façon. Ce n’est pas possible en vingt ans, ce n’est pas possible en cinquante.

De plus, l’Empire n’a PAS essayé d’effacer toute trace des Jedi. Tout simplement car la raison officielle pour laquelle l’Empire a été créé est que l’Ordre Jedi a tenté de prendre le pouvoir, ce qui a mené à sa dissolution. Dans les premiers jours de l’Empire, décrits dans le dernier tome de la série de bandes-dessinées Star Wars : Clone Wars, afin de rendre Dark Vador plus terrifiant encore qu’il ne l’était, l’Empereur a transformé son affrontement contre un groupe de Jedi au cours duquel il a failli mourir en un combat contre cinquante Jedi, qu’il aurait massacrés à lui seul. Autre preuve s’il en faut, lors de la dissolution de l’Empire, l’ancien Temple Jedi était toujours debout à Coruscant, comme on peut le voir dans divers jeux vidéos et bandes dessinées.

Temple Jedi

(Le Temple Jedi dans The Force Unleashed, image tirée du site supercheats.com)

2) En comparaison du nombre d’habitants dans la Galaxie, les Jedi étaient extrêmement peu répandus, et la plupart des gens ont vécu leur vie entière sans en croiser un seul. Pour les mondes les plus éloignés, les Jedi n’étaient que des espèces de guerriers qui pouvaient faire des tours de magie.

Il ne s’agit pas tant d’une histoire de quantité que d’importance. Prenons une planète isolée, assez pauvre. Disons Tatooïne.

Prenons un habitant de Tatooïne qui n’a jamais quitté la surface de la planète. Disons Anakin Skywalker.

Un gamin de neuf ans, esclave, travaillant dans une boutique de pièces détachées. Lorsqu’il aperçoit furtivement le sabre laser de l’étranger Qui-Gon Jinn, il comprend instantanément à qui il a affaire.

 

Ainsi, on peut affirmer que les Jedi sont connus dans la Galaxie, de façon générale. A présent, revenons sur le cas Han Solo, car il me semble que c’est lui qui souffre le plus de cette incohérence.

En plus d’être assez âgé pour avoir connu les Jedi lors de leurs dernières années, Han Solo traverse la Galaxie en compagnie de son ami Chewbacca. Chewbacca est un wookie, une espèce de singe géant originaire de la planète Kashyyyk. Et il est un véritable vétéran, étant donné qu’il a défendu sa planète durant la Guerre des Clones, qui précède l’extinction des Jedi. Or, dans ce conflit, il a combattu aux côtés d’un Jedi. Non, pas un Jedi. LE Jedi. Yoda en personne, le Grand Maître de l’Ordre Jedi. Il l’a même aidé à échapper à l’Ordre 66 et à quitter la planète.

YCT

Pourquoi donc, lors des innombrables conversations qu’ils ont pu avoir, ne l’a-t-il pas mentionné ? Probablement pour éviter de révéler cette information extrêmement sensible, même à son meilleur ami, et risquer qu’elle tombe un jour entre les mains de l’Empire, ce qui ferait du duo, en plus de contrebandiers, des complices de trahison.

Cela, je peux l’envisager. Mais alors, pourquoi n’avoir rien dit alors que Han exprimait ses doutes devant un authentique Maître Jedi, ou après qu’ils aient officiellement rejoint l’Alliance Rebelle ?

 

« Moi j’y crois pas, à ces histoires d’ordre de guerriers qui maniaient un pouvoir mystique.

-Au fait, Hannou, j’ai oublié de te dire. Il y a vingt balais, j’étais pote avec le plus puissant Jedi de tous les temps, je l’ai vu soulever des trucs sans les mains et je l’ai aidé à échapper à l’Empire.

-Say whaaaat ? »

Han Solo WTF

 

Au final, cette incohérence est à imputer au fait d’avoir développé l’univers après la sortie des premiers films. Il s’agit sans doute d’un petit oubli de la part de George Lucas lorsqu’il a réalisé la prélogie. Comme le fait qu'Obi-Wan ne reconnaisse pas R2-D2 alors qu'ils ont fait la guerre ensemble.

Et donc, est-ce que cela a une influence ? Est-ce que cette révélation pose un problème lors du visionnage des films ?

C’est possible, mais seulement si on s’intéresse spécifiquement à l’évolution de l’état d’esprit de Han Solo. Mais même là, cet élément se perd entre la romance qu’il vit avec Leia et son passage de contrebandier roublard à héros de guerre.

Cela dit, dans Le réveil de la Force, Han ayant retrouvé son statut de contrebandier, son point de vue sur la Force et les Jedi joue un rôle plus important. Mais si on laisse ça de côté, alors il ne s’agit que d’un détail, sans grande importance.

Mais même un détail sans importance peut avoir de l’importance s’il y a quelqu'un de suffisamment fanatique pour lui accorder de l’importance.

Une fois que vous aurez effectué une réflexion philosophique sur le sens de cette phrase, n’hésitez pas à donner votre avis sur ce premier article de mon blog, à opposer vos arguments aux miens si vous êtes en désaccord, et éventuellement à le partager autour de vous ! Sur ce, je vous laisse, et n’oubliez pas : malgré Jar Jar, Star Wars, c’est bien.

 

Posté par Galloiseries à 03:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]