Bonsoir,

Bien que je tente de réprimer ce côté putaclic qui compte sur les sorties récentes pour créer des articles rapides, je ne peux résister à l’envie de partager avec vous un rapide résumé de mes impressions sur Justice League, le dernier film en date du DC Extended Universe, que j’ai vu aujourd’hui même.

Commençons donc sans plus attendre :

Le scénario :

-Poreux à certains endroits, c’est rien de le dire. Certains éléments interviennent en étant peu ou pas expliqués. Il y a de même des moments présents dans les bandes-annonces qui ont disparu comme par magie et qui auraient pu aider à ne pas se dire « Hey, mais d’où ça sort, ça ? ». Réservés à une Ultimate Edition peut-être ?

-Certains éléments, au contraire, sortent de nulle part et sont amenés assez grossièrement pour développer à moindres frais les nombreux personnages encore inexplorés. Peut-être que des films individuels auraient été utiles pour pouvoir s’épargner ça…

-Assez classique dans l’ensemble. Si vous avez vu Avengers, Avengers : Age of Ultron ou Suicide Squad, les grandes lignes vous rappelleront peut-être quelque chose. On sent clairement à quel moment Zack Snyder a passé la main à Joss Whedon, qui n'a pas pu s'empêcher de faire du Joss Whedon en espérant que ça ne se verrait pas.

-Léger et édulcoré. Vous voulez du sous-texte social, politique, religieux, des enjeux lourds, un fil rouge implicite ? Tant pis pour vous, fallait pas demander plus de légèreté et un univers moins sombre en regardant Batman V Superman !

-Des simplicités permettant au film d’avancer, dont une digression particulièrement grossière par rapport à l’intrigue, qui aide les héros tout en aidant les méchants, mais c’est pas grave parce que ça aide encore plus les héros au final. Le vieux coup du « Fallait pas que ça arrive, mais maintenant que c’est arrivé c’est tant mieux parce que ça nous donne un moyen tout trouvé de gagner ».

-On retombe dans le défaut de la version cinéma de BvS, à savoir enchaîner des intrigues autour de personnages qui n’ont rien à voir et nous les livrer petit bout par petit bout, nous coupant dans l’immersion. L’avantage, c’est que contrairement à BvS, la réunion de ce beau petit monde a lieu bien plus tôt.

-Pourtant, dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien. Les personnages gagnent rapidement une personnalité, on entre dans le vif du sujet, il n’y a que peu de lourdeurs (mais il y en a dont on aurait totalement pu se passer).

-Steppenwolf est inexistant. Il est juste là pour qu’il y ait un méchant, et donc un film. Je ne dis pas qu’il faudrait relativiser sa méchanceté, l’expliquer, ou en faire une figure tragique. Mais pitié, c’était pas trop mal parti avec Zod et Luthor, alors ne mettez pas de côté la personnalité de vos méchants, encore moins leur présence.

-L’un de mes plus gros griefs contre le DCEU jusque-là était le traitement de Superman. Or, ici, Superman est parfait.

-On se concentre un peu trop sur Superman à des moments où on devrait avoir autre chose en tête…

-Des références particulièrement bienvenues à un univers plus large qui se développera encore à l’avenir.

-Deathstroke.

La musique :

-La réutilisation subtile et efficace des anciens thèmes de Batman et Superman est bien vue.

-Dommage que le DCEU ait déjà des thèmes pour Batman et Superman, dont on n’entend pas une note ici.

-On signale la disparition de compositeurs originaux. Si vous en trouvez, avertissez immédiatement la Warner avant qu’on se retrouve avec le même genre de musique quasi-invisible avec très peu de moments distinctifs du MCU.

Les images :

-Zack Snyder a ENFIN appris à mettre des couleurs vives sur des costumes de super-héros.

-Les couleurs, vives sans être criardes, rendent les images particulièrement belles.

-L’action est fluide et lisible.

-La réalisation en général, avec sa recherche esthétique poussée, notamment grâce aux couleurs dont manquaient les premiers films, couplées à des angles et des mouvements de caméra propres au style de Zack Snyder, donne l’impression de regarder un film à part entière, plutôt qu’une retranscription toute bête de ce qui se passe dans l’histoire, comme dans le MCU.

-Est-ce que j’ai parlé des couleurs ? Parce qu’elles sont vraiment magnifiques.

 

Au final : Je pourrais donner l'impression de trouver plus de points négatifs que positifs. Et, en termes de quantité, ce n'est pas tout à fait faux. Pourtant, ça ne m'a pas empêché de trouver un côté jouissif au film.

DC assume complètement la transition qu’on voyait venir depuis Batman V Superman, vers un univers plus léger, plus manichéen, avec des gentils qui sont gentils pour être gentils et des méchants qui sont méchants comme ça, se débarrassant ou atténuant les thèmes qui ajoutaient de la profondeur à BvS.

Heureusement, ladite transition a été aidée par le carnage qu’était Suicide Squad et les quelques maladresses de Wonder Woman, qui ont servi de tests. Ce qui permet à Justice League d’être un film stable, qui sait ce qu’il veut, être un divertissement. Et à ce niveau-là, il fait le café. Les images sont prenantes, le scénario simple, on passe un bon moment sans se prendre la tête. En tout cas, J'AI passé un bon moment sans me prendre la tête.

On accueille donc Justice League comme le début d'un DCEU où l’on troque l'ambition de réaliser des grands films, direction qu’avait prise BvS, contre celle de divertissements épiques et agréables. Ce qui, selon moi, n’est pas si mal au vu du résultat. Il ne vous reste plus qu’à vous faire votre propre avis.